La
zone de dislocation qui affecte le socle
du massif vosgien sépare deux domaines bien distincts durant l'orogenèse
hercynienne, qui s'est déroulée en plusieurs phases à
l'ère Primaire et a formé une vaste chaîne de montagnes, allant
du Maroc aux Appalaches (USA) et à l'Europe de l'Est, en passant par la
France, la Wallonie et l'Allemagne. Ce socle a un âge supérieur à
300 millions d'années (MA). Il est donc antérieur au Permien (ici
en gris clair). La couverture sédimentaire
du socle (Permien + Trias + Jurassique, non plissés) a été
enlevée plus tard, lorsque le massif VosgesForêt-Noire
a été de nouveau soulevé sous l'effet de l'orogenèse
alpine. C'est ce qui nous permet d'observer la structure
du socle.
Au
sud, on se trouve dans le domaine central
de cette orogenèse, travaillé pendant 100 MA par l'enfouissement
(ou subduction) d'une croûte océanique sous un bloc continental
ou craton, suivi de la collision des deux grands cratons de cette
époque, après la disparition de cet océan : au N-O,
la Laurasie (Amérique du Nord + Groënland +Scandinavie/Baltique +Sibérie)
au SE, le Gondwana (Afrique + Amérique du Sud + Australie + Inde),
sans compter quelques minicontinents. Ce qui a créé un continent
unique, la Pangée. Son émersion, vers -330 MA, à la
fin du Carbonifère, a permis la formation de charbons (Lalaye) et de schistes
uranifères (St. Hippolyte).
Au
nord, c'est le domaine des nappes cristallines déversées
vers le nord, avec leur chargement de roches volcanique ou sédimentaires.
D'où les affleurements en bandes parallèles, bien visibles sur cette
carte, de schistes, de granites, granodiorites et diorites, de roches volcaniques
très variées, tous d'origine marine et d'âge décroissant
en allant vers le N-N-O. On retrouve les même roches jusqu'au nord de Saint-Dié
(Nompatelize, Raon-L'Étape), moins exposées en surface. Les bandes
ont été ensuite recoupées et digérées sur place
par des granites intrusifs en forme de dômes (granites d'Andlau,
de Natzwiller et de Senones) ou de cloisons (granite du Kagenfels). La « cuisson »
des roches sédimentaires ou volcaniques au voisinage des granites les transforme
d'une manière spectaculaire : c'est le métamorphisme de
contact, découvert en 1877 le long du ruisseau d'Andlau.
La
zone de dislocation contient une série d'écailles,
formées de roches très différentes, fortement écrasées
par les pressions qui leur ont donné naissance et qui ont cassé
l'écorce terrestre au moment de la collision (mouvements tectoniques cassants).
Cette zone correspond à la grande faille de Vittel, qui a encore
bougé durant tout le Trias et se prolonge en arc de cercle sous la surface
du Bassin Parisien jusqu'à la faille du Pays de Bray, son prolongement
probable.
Dans
certaines dépressions (bassins de Villé et de Saint-Dié),
les sédiments d'âge permien (- 300 à -250 MA) sont particulièrement
épais. Ailleurs, ils sont minces et font souvent défaut (par exemple,
sous la bordure triasique des Vosges). À cette époque,
l'activité volcanique est intense en Sibérie, mais localisée
dans ce secteur (coulées du Nideck et des vallées voisines).
Durant la période de subduction, vers -350 MA (étage Viséen
du Carbonifère), apparaît un volcanisme d'arc insulaire (massif
volcanique de Schirmeck et de la vallée du Rabodeau, bande médiane
du massif du Champ du Feu). La formation du rift rhénan à partir
du Miocène a favorisé le volcanisme périalpin, dont témoigne
le massif du Kaiserstuhl, en Bade, en face de Colmar. La haute vallée
de la Bruche est également affectée par un effondrement de cet âge.