Climat : la canicule de l'été 2003
Retour au menu

 

Un article de Ph. Ciais et coll. (Nature, vol. 437, n° 7058, pages 529-533, 22 septembre 2005) nous donne un aperçu, à l'échelle de l'Europe et d'une partie de l'Asie, de la distribution des anomalies de la température moyenne de l'air au niveau du sol, durant l'été 2003 (juillet-septembre), par rapport à la moyenne des années précédentes (1998-2002). En (a), les zones géographiques de basse altitude en rouge sont les plus touchées par cette canicule. En (b), pour le même été et la même période de référence, la carte indique les déficits de pluviomètrie (en mm par mois). Les zones les plus affectées ne sont pas tout à fait les mêmes, mais le déficit est assez général, y compris en montagne. La croissance végétale a été affectée par ces deux phénomènes : les récoltes de blé et de maïs ont été particulièrement faibles.

Mais surtout, ces mêmes auteurs ont montré que cette situation climatique correspondait à une diminution globale de 30% de la production végétale dans les stations étudiées (en noir), ce qui n'était jamais arrivé durant le siècle précédent. La quantité de CO2 ainsi libérée par les végétaux dans l'atmosphère, en 2003, dépasse celle qui avait été fixée durant la période 1998-2002, ce qui montre qu'un réchauffement climatique peut aggraver l'effet de serre dû à l'accumulation anthropique de CO2 dans l'atmosphère, en induisant un dégagement naturel supplémentaire de CO2 par suite du déficit dans la biosynthèse chlorophyllienne. On risque donc d'assister à une amplification automatique du réchauffement climatique actuel. Un mécanisme non prévu par les modèles climatiques utilisés jusqu'ici.