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Les
conférences et accords internationaux
Groupe intergouvernemental
d'experts sur l'évolution du climat (GIEEC) Le
GIEEC a été mis sur pied par l'Organisation météorologique
mondiale et le Programme des Nations Unies pour l'Environnement. Il
donne un avis scientifique sur le changement climatique global, qui se produit
actuellement à l'échelle mondiale, sur sa réalité,
son importance prévisible, ses causes, ses répercussions et sur
les stratégies possibles pour l'atténuer. Son rapport fut le point
de départ des délibérations du Sommet de la Terre,
à Rio de Janeiro, au Brésil, en 1992. D'autres conférences
ont déjà traité des gaz nocifs pour l'atmosphère et
abouti à un protocole, celui de
Montréal (1987), qui a permis d'éliminer les substances portant
atteinte à la couche d'ozone. Conférence
de Rio de Janeiro (1992), dite Sommet de la Terre - L'industrialisation
est responsable du changement climatique
- On
définit l'objectif à atteindre : stabiliser les émissions
de gaz à effet de serre, à commencer par le CO2
- Signature
d'une Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques
Signé
par 154 pays en juin 1992, cette convention est entrée en vigueur en mars
1994. Les pays industrialisés ont convenu de réduire les émissions
de gaz à effet de serre aux niveaux de 1990, avant l'an 2000. La convention
reconnaît que les autres pays ont atteint des niveaux de développement
industriel différents et ont le droit de poursuivre leur industrialisation,
mais chacun d'entre eux devra publier un rapport de ses émissions de gaz
à effet de serre. Les
signataires ont convenu de tenir une série de réunions de suivi
où l'on évaluerait les progrès accomplis vers la réalisation de
l'objectif commun. Il s'agit des Conférences des parties (CP). Les deux
premières CP ont eu lieu à Berlin, en Allemagne, en 1995, et à Genève,
en Suisse, en juillet 1996, la troisième à Kyoto, au Japon, du 1er
au 10 décembre 1997. Mandat
de Berlin (1995) Dès
cette première CP, on constate que les engagements de Rio sont insuffisants.
On propose de définir des quotas d'émission de CO2
et des échéances précises à respecter par chaque
pays (au moins par les principaux pollueurs), qui feraient l'objet d'un texte
juridique contraignant (un protocole). Protocole
de Kyoto (11 décembre 1997) Après
une réunion du G8 à Denver en juin 1997, où les principaux
pays pollueurs ont réclamé la fixation d'objectifs plus réalistes
et le report de leur respect à l'échéance de 2012,
on a mis au point le protocole de Kyoto. Il
s'attaque aux émissions de six gaz à effet de serre:
- le dioxyde de carbone
(CO2), ou « gaz carbonique »
- le
méthane (CH4)
- l'oxyde
nitreux (N2O)
- les
hydrofluorocarbures (HFCs)
- les
hydrocarbures perfluorés (PFCs)
- l'hexafluorure
de soufre (SF6)
Globalement,
et à condition de bien vouloir ratifier ce protocole,
les principaux pays pollueurs s'engagaient à réduire leurs émissions
de gaz à effet de serre d'au moins 5%, par rapport aux niveaux de 1990,
durant la période 2008-2012. L'annexe B du protocole contient les engagements
chiffrés auxquels les pays se sont engagés. Les états membres
de l'Union Européenne doivent réduire collectivement leurs émissions
de gaz à effet de serre de 8% entre 2008 et 2012. Pour la période
antérieure à 2008, les signataires s'engagent à accomplir
des progrès dans la réalisation de leurs engagements au plus tard en 2005,
et à en fournir des preuves. L'année
1995 peut être retenue comme année de référence par les pays
qui le souhaitent, pour les émissions de HFC, PFC et SF6.
Pour atteindre ces objectifs, le protocole propose une série de moyens :
- renforcer ou mettre en
place des politiques nationales de réduction des émissions (accroissement
de l'efficacité énergétique, promotion de formes d'agriculture
durables, développement de sources d'énergies renouvelables Š)
- coopérer
avec les autres parties contractantes (échange d'expériences ou
d'informations, coordination des politiques nationales dans un souci d'efficacité
à travers des mécanismes de coopération, à savoir :
permis d'émission, mise en oeuvre conjointe et mécanisme de développement
propre)
Les
signataires mettent en place un système national d'estimation des émissions
anthropiques par les sources et de l'absorption
par les puits de tous les gaz à effet
de serre non réglementés par le protocole de Montréal, au
plus tard un an avant la première période d'engagement. Un examen des engagements
est prévu au plus tard en 2005, pour la seconde période d'engagement. La
Communauté européenne a signé le protocole le 29 avril 1998.
En décembre 2001, le Conseil européen de Laeken a confirmé
la volonté de l'Union de voir le protocole de Kyoto entrer en vigueur avant
le sommet mondial de développement durable de Johannesburg (26 août
- 4 septembre 2002). La Commission l'a donc approuvé en 2002. Les états
membres étaient invités à le faire, si possible, avant le
1er juin 2002. La
Russie, après un refus en 2003, a finalement ratifié le protocole
de Kyoto le 22 octobre 2004, ce qui va permettre sa mise en uvre officielle.
Mais les USA continuent d'y opposer leur refus, depuis 1998. La Chine, qui s'industrialise
rapidement, continue d'exploiter son charbon, en sacrifiant des centaines de vies
humaines dans des mines d'un autre âge. Le
10 novembre 2004, nouvel appel au secours des scientifiques ! La banquise
arctique risque de disparaître d'ici la fin du siècle, ours blanc
compris. Et la calotte glaciaire du Groënland aussi, ce
qui rayerait de la carte des villes comme New-York, sans parler de tous les ports
du monde (5 m d'élévation du niveaux des mers, d'après
Naish et coll., dans Nature, vol. 458, n° du 19 mars 2009 ; il
faudrait y ajouter 7 m si l'Antarctique Ouest fondait, et encore 3 m pour les
marges de l'Antarctique Est, dont les glaces commencent à fondre ;
soit au total +15 mètres). Une catastrophe majeure. Donc tout les
pays seront perdants, ce qui devrait les inciter à cesser de jouer à
l'autruche. Le
31 août 2006, la revue scientifique Nature (le plus prestigieuse
du monde) consacre trois pages à l'acidification
des océans, qui risque d'aboutir à une
extinction massive des organismes marins, en particulier celle des algues planctoniques,
clé de la productivité marine, dont la mort
pourrait amplifier le réchauffement climatique dans des proportions inimaginables !
Et si nous ne stabilisons pas les émissions de CO2
d'ici 10 ans, les dégâts dureront des milliers d'années. Le
11 octobre 2006, Al Gore, ancien vice-président des USA, présente
aux parlementaires français son film « Une vérité
qui dérange », une action lancée avec le photographe
Yann Arthus-Bertrand. Voir le site créé par ce dernier avec le concours
de l'ADEME (www.actioncarbone.org/)
et celui du film (www.climatecrisis.org/). Le
2 février 2007, le GIEC réuni à Paris publie son 4e
Rapport.
Il confirme, avec seulement 1 chance sur 10 de se tromper, que le réchauffement
observé est dû aux gaz à effet de serre produits par l'Homme
en quantités croissantes depuis le début de l'ère industrielle
(CO2 en tête, suivi du méthane). Il donne comme
nouvelle fourchette 1,8 °C à 6,4 °C supplémentaires
pour 2100, par rapport à la période 1980-1999, en rappelant qu'une
augmentation de 2 °C serait déjà à la limite du
supportable ! Il évalue à 60 cm l'augmentation du niveau des
océans pour 2100, mais cela suppose qu'une amplification n'intervienne
pas, comme par exemple une libération massive du méthane des pergélisols,
et que ni le Groenland ni l'Antarctique ne fondent. Conférence
de Copenhague (2009) En
décembre 2009 doit se tenir une ultime réunion internationale à
Copenhague. Mais les pronostics sont pessimistes, malgré les changements
politiques récents aux USA (élection de Barak Obama et d'une majorité
démocrate). | |
Déclaration
de Mme Dominique DRON, présidente de la MIES (Mission interministérielle
de l'effet de serre, France), publiée par la revue Énergies
Plus, n°310 (juillet 2003), pages 2-5 : « Il
faut que l'humanité divise par deux ses émissions de gaz à
effet de serre d'ici un demi-siècle si l'on veut éviter que la température
moyenne de la planète n'augmente de plus de 2°C, objectif approuvé
par le Conseil des ministres européens. » Nous
résumons ci-après le contenu de cette déclaration (entre
guillemets, citation des propos de Mme DRON) : Pour
les pays industrialisés, la réduction doit être de 4 à
5 fois d'ici 2050 ! L'État a « le devoir d'anticiper
et d'aménager » (
) le « renchérissement
inéluctable du pétrole. » Mais, malheureusement,
les états concernés ne sont pas d'accord sur les mesures à
adopter : - écotaxe
uniquement sur le carbone (que la France préconise, mais elle dispose de
l'énergie nucléaire !) ou écotaxe à moitié
sur le carbone émis, et l'autre moitié sur l'énergie consommée
(autres pays de l'Union Européenne)
- système
de quotas d'émission (USA)
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Les
risques économiques Une
limitation à 450 ppm (parts par million) de la concentration atmosphérique
du CO2 d'ici 2050 annulerait 4% du PIB (produit intérieur
brut) mondial. Les
compagnies d'assurance menacent les entreprises récalcitrantes de ne plus
les assurer, compte tenu de la multiplication des catastrophes depuis 30 ans. L'Union
Européenne joue le rôle de leader dans le projet de réduction
des émisssions de gaz à effet de serre, car le sud de son territoire
est très exposé au risque de désertification en cas de poursuite
du réchauffement actuel. La moitié de ses fournitures d'énergie
(hydrocarbures, surtout) proviennent de l'extérieur. Et on peut craindre
que cette dépendance atteigne 70 % en 2030. Le
Plan Énergie proposé par la Commission Européenne le
10 janvier 2007 comporte une nouvelle réduction de 20 %, au moins,
des émissions des gaz à effet de serre d'ici 2020, par rapport au
niveau constaté en 1990. Mais les défenseurs de l'environnement
(y compris le commissaire européen à l'Environnement) estiment que
30% est un minimum. C'est ce taux de réduction qui serait proposé
aux autres pays développés pour un nouveau protocole, celui de Kyoto
arrivant à son échéance en 2012. En fait, lors de la réunion
du G8 tenue en juin 2007, la présidente de l'UE (Mme Merckel) a proposé
une réduction de 50 % des émissions mondiales de CO2
en 2050, par rapport à 1990. Pour
ce qui concerne le développement des énergies renouvelables, l'UE
n'en est qu'à 7 % début 2007 et se fixe un objectif de 12 %
pour 2010 et 20 % pour 2020. Mais
ces objectifs vertueux risquent d'être contrebalancés par le développement
très rapide du transport aérien, dû en particulier
aux compagnies à bas prix (cf. l'éditorial de Nature, 445,
pages 125-126, 7 janvier 2007). En Grande-Bretagne, les émissions augmentent
de 7 % par an. Or, les progrès techniques ne permettent d'envisager
qu'une réduction de 1 ou 2 % par an des émissions par km parcouru.
La solution consiste donc à taxer l'aviation pour ses émissions
de gaz à effet de serre, ce qui est actuellement interdit par la Convention
de Chicago (1947). Il n'y a aucune raison de privilégier l'aviation par
rapport aux autres usagers. La convention devra donc être dénoncée
par l'Union Européenne ! Lorsqu'un
nouveau protocole sera mis au point, il faudra naturellement y inclure la Chine
et d'autres pays en forte croissance. De 2003 à 2004, le nombre de passagers
aériens en Chine a crû de 28 % (source : Banque Mondiale) ! Le
méthane Le
méthane (CH4) est produit par la fermentation anaérobie
des matières organiques. Les sources anaérobies sont nombreuses :
dépôts d'ordures, vase des marais, rizières, fermentations
digestives. La panse des ruminants contient essentiellement des bactéries
anaérobies, qui produisent des acides gras à courte chaîne
à partir de la cellulose et de l'amidon. Ces métabolites sont utilisées
par l'animal. Au contraire, le méthane est rejeté par l'sophage
et la gueule de ces animaux (éructation). Dans les pays d'élevage
intensif, le méthane représente un fort % des gaz à effet
de serre qu'ils émettent : 40% en Nouvelle-Zélande,
15% en Irlande.Ce % n'est que de 2-3% aux USA, en G.-B. et en France. | |