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La forêt domaniale du Donon

L'Office National des Forêts (ONF)

L'agence de Schirmeck de l'ONF, placée au centre d'un des plus importants massifs forestiers de France, gère les forêts domaniales et communales de la vallée de la Bruche, dans le respect du code forestier. La forêt domaniale du Donon déborde dans la haute vallée de la Plaine (versant lorrain). La carte ci-jointe fixe les types d'aménagements :

  • en bleu, les zones de futaie régulière
  • en vert, les futaies des crêtes, à gérer de telle sorte qu'elles deviennent plus tard irrégulières, compte tenu de la rudesse des conditions d'environnement (vent, sécheresse, froid)
  • en orangé, les zones spécialement gérées en vue de la protection du grand tétras (limitation de la fréquentation humaine, les activités forestières étant elles-mêmes cantonnées du 15/07 au 15/12, transformation en futaie irrégulière espacée, etc.)
  • en rose, les tourbières protégées
  • en rouge (autre que les panneaux des localités), d'autres sites écologiquement remarquables
  • en violet, les îlots de vieillissement, où les arbres peuvent achever leur cycle biologique naturel et l'écosystème entier atteindre son équilibre

    Le plus grave problème de la forêt est la quasi impossibilité de la régénération naturelle du sapin et de certains feuillus, à cause de l'excédent de Cervidés. Cela oblige à engrillager les jeunes plantations, une opération difficile, onéreuse, impossible à généraliser. Les épicéas deviennent trop dominants. Il faudra absolument régler cette question pour parvenir à la réalisation des aménagements ci-dessus. Ne pourrait-on pas réintroduire les prédateurs naturels des Cervidés : loup et lynx ? Ce dernier y est encore trop rare. Les plans de chasse ne sont pas respectés et le nourrissage du gibier par les chasseurs aggrave la situation. Les prédateurs jouent un rôle fondamental dans la bonne santé des écosystèmes et des populations de proies.

    L'ONF veille au maintien d'une certaine biodiversité en proscrivant les coupes rases (sauf en cas de dépérissement), en laissant en place les arbres producteurs de semences pendant plus de 30 ans, ainsi que des arbres morts ( au moins 1 par ha) et des arbres creusés de cavités (au moins 2 par ha), pour les oiseaux à nidification troglodyte et les chauves-souris (dont toutes les espèces sont protégées par la loi). On laisse mourir de vieillesse au moins 1 arbre par ha, en particulier certains vieux hêtres et chênes. Après un inventaire écologique complet en 1997, l'ONF a entamé dans ce massif, comme dans d'autres, une gestion à long terme qui tente de concilier la productivité de la forêt avec la protection des milieux naturels et des espèces les plus menacées, l'accueil et l'information du public, et l'amélioration de la qualité des paysages.

     

 

Après l'établissement de cette carte en 1998, l'ouragan du 26 décembre 1999 a révélé la vulnérabilité de certaines forêts, même naturelles et mixtes (feuillus + résineux), lorsqu'elles sont face aux vents dominants (ouest). Il faut y ajouter la récente prise de conscience des dangers liés au réchauffement climatique, dont les conséquences pour la forêt pourraient s'avérer catastrophiques. L'ONF a pu de ce fait imposer en 2002 à ses divers partenaires (scieurs, élus locaux) les principes d'une gestion qui prenne en compte de telles menaces.

Crédit : la carte ci-dessus est tirée d'un article de M. Cédric FICHT, ingénieur forestier à l'agence ONF de Schirmeck, paru en 1999 dans la revue L'ESSOR (n°182, page 12). Nous adressons nos vifs remerciements à M. FICHT, à l'ONF et à la rédaction de L'ESSOR pour l'autorisation qu'ils nous ont accordée de la reproduire.