L'assainissement collectif

 

L'assainissement consiste à recueillir les eaux polluées ou suspectes de pollution, en provenance des habitations, des élevages, des usines, des commerces, ainsi que des routes et parkings, en vue d'assurer leur rejet dans les cours d'eau ou les lacs après les avoir épurées dans toute la mesure du possible, pour protéger la vie aquatique, les nappes phréatiques et les consommateurs qui utiliseront à leur tour ces ressources en eau, plus en aval.

La loi sur l'eau oblige tout utilisateur à contribuer financièrement à ces opérations, très coûteuses. Des prescriptions particulières sont imposées par l'État à tout établissement industriel, commercial ou agricole, afin d'éviter toute pollution de l'environnement et de saturer le réseau d'assainissement public. En cas de pollution, des prescriptions complémentaires s'y ajoutent, assorties d'une obligation d'en réparer toutes les conséquences, en mettant en œuvre « les moyens répondant aux meilleures technologies disponi-bles, à un coût économiquement acceptable » et cela dans des délais bien déterminés.

Le maire de chaque commune, personnellement responsable de l'hygiène sur son territoire, doit veiller à réaliser l'assainissement de toutes les habitations, soit par l'installation d'un système d'assainissement autonome, soit par leur raccordement à un réseau collectif d'assainissement.

L'avantage d'un réseau collectif est évident, car il permet le traitement en continu des effluents, leur valorisation sous forme de boues d'épendage et le contrôle permanent de la qualité de l'eau rejetée en rivière (ou en lac), ainsi que celle des boues. Mais la dispersion de l'habitat peut rendre économiquement impossible et écologiquement indésirable la construction d'un réseau collectif, qui comporte obligatoirement des fouilles considérables (extraction de sol et de sous-sol naturels, remplacés par du graviers et du sable) et produit des volumes importants de déblais, donc des déchets supplémentaires, dont l'élimination pose des problèmes d'environnement non négligeables. Il faut alors avoir recours à l'installation d'un système privé d'assainissement autonome. Les boues d'épuration produites par chaque système de ce type, vidangé au minimum tous les 4 ans, doivent être déposées à la station d'épuration la plus proche.

 

 

La station d'épuration de Schirmeck

Le SIVOM de la Vallée de la Bruche regroupe 7 communes dont les habitations seront bientôt raccordées à un réseau d'assainissement collectif, à quelques exceptions près. Ces communes sont : Barembach, Schirmeck (qui inclut Wackenbach), La Broque, Rothau et les communes du versant de la Rothaine (Wildersbach, Neuviller, Natzwiller). La station d'épuration de Schirmeck a été construite en 1994. Cette vue aérienne permet d'en voir les installations. Le bassin d'orage évite la dilution des populations bactériennes qui transforment la matière organique, (1°) en gaz (méthane, CO2, ammoniac, hydrogène sulfuré, dégagés dans l'atmosphère par les espèces anaérobies) et, (2°) en « boues » (rôle des bactéries aérobies du bassin d'aération), boues qu'on sépare ensuite de l'eau dans le bassin de décantation. Les boues sont extraites par râclage, puis soumises à une ultime concentration (« recyclage ») pour en extraire l'eau, rejetée dans la Bruche par un conduit souterrain. Elles sont stockées, déshydratées et expédiées par camions en vue de leur épendage dans les champs cultivés de la plaine, si toutefois leur composition est conforme aux normes agricoles.

Le bassin d'orage ne joue plus qu'un rôle accessoire, depuis que le SIVOM a entrepris de dédoubler son réseau d'assainissement : (1) réseau des eaux pluviales, qui sont rejetées sans traitement bactérien (simple prétraitement mécanique : dégrillage, désablage et déshuilage), (2) réseau des eaux usées, qui subissent également un tel prétraitement, mais en station, avant de servir de source de nutriments et d'énergie aux bactéries chargées d'en consommer la matière organique pour produire ce qu'on nomme les « boues résiduaires  », ainsi que les gaz rejetés dans l'atmosphère.

Le laboratoire d'analyses permet de contrôler la qualité de l'eau rejetée dans la Bruche, cette eau devant répondre aux objectifs de qualité fixés par l'État pour cette rivière. La qualité écologique des cours d'eau est contrôlée par les services de l'État décentralisés en Alsace (DIREN : Direction régionale de l'environnement, Strasbourg, avec son service spécialisé, le SEMA : Service de l'eau et des milieux aquatiques, installé à Horbourg-Wihr, Haut-Rhin, dont les ingénieurs et techniciens mesurent en permanence les caractéristiques de chaque cours d'eau à partir de dizaines de stations réparties sur tout le réseau hydrographique alsacien).

La technique des stations d'épuration progresse, mais (en 2003) tous les problèmes sont loin d'être résolus : (1°) l'épuration de l'eau n'est pas complète, on y trouve des micropolluants comme les hormones œstrogènes, en particulier celles des pilules contraceptives, qui provoquent des troubles de la reproduction chez les poissons d'eau douce ; sans parler des pesticides,
(2°) les boues ne sont pas toujours débarassées de micropolluants comme les métaux toxiques (mercure, plomb, cadmium, zinc, etc.), dont l'accumulation dans les sols est nuisible.
Les problèmes à résoudre sont d'ailleurs les mêmes dans le traitement des déchets en général. Les personnes intéressées pourront se procurer et lire l'étude suivante :

Christian COUTURIER, 2002. – Effets de la digestion anaérobie sur les micropolluants et germes pathogènes. Rapport SOLAGRO/Ademe, fichier pdf téléchargeable sur le site

http://www.solagro.org/site/im_user/108devenir_micropolluants.pdf