L'assainissement non collectif (ANC)

 

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Les communes du fond de notre vallée (au-dessus de Rothau et de la vallée de la Rothaine) procèdent actuellement (2008) à des enquêtes publiques sur le zonage de l'assainissement. Comme la construction de stations d'épuration collectives est financièrement impossible dans les zones d'habitat dispersé et de faible population totale, les habitants de ces communes et les propriétaires de terrains constructibles ont tout intérêt à s'y manifester ! Il s'agit en effet d'une obligation réglementaire et d'une contrainte financière très lourde. Voir les documents à télécharger suivants : (1) l'assainissement non collectif, et (2) financer son assainissement non collectif.

Les illustrations ci-jointes, reproduites avec l'aimable autorisation de SOTRALENZ-HABITAT, 67320 Drulingen, montre à titre d'exemple une installation d'assainissement non collectif (ANC), aussi appelé individuel ou autonome d'une unité d'habitation. Il convient d'adapter sa capacité au nombre d'habitants concernés. D'autre part, contrairement à une station d'épuration, l'eau épurée n'est rejetée ni en rivière ni dans une nappe souterraine. Selon la nature du sous-sol, le relief, le climat, les vents dominants, la taille des végétaux (racines), le voisinage et la surface disponible (espace privé autour de la maison), l'eau issue du système sera envoyée, après une filtration soignée, soit sous terre à faible profondeur, soit dans un puit d'infiltration, ou en surface, ou encore dans des tertres construits sur une cuve de béton imperméable. Dans certains cas, il n'y a pas de solution satisfaisante. Il vaut donc mieux prévoir cette installation en même temps que la construction du bâtiment. Cela va d'ailleurs faire l'objet d'une annexe au permis de construire.

La première illustration montre, à droite, la sortie des eaux ménagères et leur prétraitement éventuel par un séparateur de graisses. Elles rejoignent ensuite les eaux vannes (WC) à l'entrée d'une véritable station d'épuration autonome, dite « toutes eaux », enterrée dans le jardin. Cette station peut être monobloc (cas de cette illustration) ou comprendre deux cuves successives (décanteur, anaérobie + clarificateur, aérobie). L'épuration biologique est du même type que dans une station d'épuration collective. Elle produit donc des gaz (fermentations anaérobies) et des boues. Les gaz et leurs odeurs sont évacués par des conduits vers les ventilations hautes intégrées au bâtiment (cheminées).

La deuxième illustration représente (partiellement) la même installation, vue sur un plan.

Enfin, la troisième illustration indique la nature et la périodicité des visites de contrôle, des vidanges et des nettoyages complets à effectuer, avec le remplacement des matériaux filtrants.

Les eaux pluviales doivent évidemment être rejetées séparément.

Ce type d'installation est la version moderne des antiques « fosses septiques » de nos maisons de campagne, souvent négligées et désormais condamnées par la législation. La loi sur l'eau et les milieux aquatiques, promulguée le 30 décembre 2006, oblige les collectivités locales (à commencer par les communes) à contrôler d'ici à 2012 toutes les fosses septiques du territoire français, afin de vérifier leur conformité aux normes fixées par l'arrêté du 6 mai 1996 et le DTU 64-1.

Le rejet pur et simple des eaux usées dans le milieu naturel, que certains croient encore pouvoir se permettre, est punissable ! Le rôle d'une association de défense de l'environnement, en particulier les AAPPMA (Associations agréées pour la pêche et la protection du milieu aquatique), dont c'est le devoir, consiste à signaler aux autorités toute infraction de ce type et à porter plainte contre les récalcitrants, avec constitution de partie civile. Bruche Environnement se fera également un devoir de participer à cette action.

Pour conclure ces pages consacrées à l'assainissement, il faut mentionner le rôle crucial des agriculteurs, cultivateurs de champs (grandes cultures végétales) dans la plaine d'Alsace ou les zones de collines (Kochersberg). En acceptant l'épendage des boues, au plus près des stations d'épuration, à titre purement bénévole et gratuit, ils rendent à la collectivité un service éminent. Chaque année, 1500 à 2000 hectares de terres sont ainsi nécessaires à l'épendage. Il revient à tous les utilisateurs de l'eau, de veiller à ne pas y déverser de substances toxiques pour les bactéries des stations (solvants, etc.) et nuisibles à la qualité des boues (micropolluants), ce qui obligerait à procéder à leur enfouissement dans des centres techniques spécialisés, ou au compostage, ou – pire – à leur incinération dans des usines qui crachent encore des dioxines dans notre environnement.