L'eau
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La distribution d'eau potable

L'eau est le principal constituant de tous les êtres vivants. Elle forme 70% de la masse de notre corps. Pour compenser les pertes physiologiques (urine, sueur, évaporation par les poumons, etc.), nous devons en absorber quotidiennement de l'eau. Elle nous est fournie par les aliments et les boissons. Au total, ce besoin physiologique représente au moins1,5 litre d'eau par jour pour un adulte. La meilleure boisson est l'eau potable, qui répond à des exigences de qualité définies par les pouvoirs publics et régulièrement contrôlés par les services de l'État. Les résultats des analyses sont communiqués à chaque foyer.

La distribution de l'eau potable est un service public de base, obligatoirement assuré par chaque commune, qui peut s'associer à des communes voisines en un syndicat des eaux. Ces collectivités peuvent déléguer ce service à un organisme privé.

La distribution se fait à travers un réseau de conduits souterrains, jusqu'aux robinets. La qualité de l'eau ne dépend pas seulement de la source ou de la nappe souterraine dont elle provient, mais aussi de la qualité et de l'entretien des périmètres de protection (enclos, zones d'interdiction), des espaces de stockage (réservoirs, châteaux d'eau), des conduits souterrains formant le réseau public et des conduits intérieurs situés dans les locaux privés des clients.

L'eau distribuée aux consommateurs (particuliers ou entreprises) est toujours une eau potable, même si elle sert à bien d'autres usages que la boisson ou la cuisson des aliments : nettoyage, arrosage, WC, bains et douches, etc. Il serait en effet difficile de mettre en place des réseaux distincts pour chaque usage.

La question des nitrates

La concentration en ions nitrates (NO3-) augmente continuellement depuis 1970 dans l'eau potable des régions agricoles de la France, lorsque cette eau est puisée dans des nappes souterraines à faible profondeur. C'est le cas pour l'eau pompée dans la nappe des sédiments superficiels de la plaine d'Alsace, sédiments déposés par le Rhin et ses affluents depuis un million d'années. Cette nappe phréatique est l'une des plus importantes d'Europe. Sa pollution croissante, non seulement par les nitrates, mais par les pesticides (insecticides, fongicides, herbicides comme l'atrazine et le diuron), est due à l'intensification des pratiques agricoles (mécanisation, augmentation des rendements, irrigation dans certains cas) et à l'extension du vignoble (les cartes de l'APRONA sont éloquentes sur ce dernier point). La pollution par les sels (chlorures) des mines de potasse du Haut-Rhin et des terrils correspondants est en voie de résorption, mais les pollutions d'origine agricole posent à l'Alsace un problème redoutable, que les pouvoirs publics ne semblent pas disposés à résoudre, malgré l'urgence. Mais l'agriculture n'est pas seule en cause en ce qui concerne les désherbants : les municipalités, la SNCF, les services de l'Équipement et les particuliers en répandent une partie non négligeable.

Déjà, bien des collectivités ont été obligées d'effectuer de nouveaux forages pour échapper à cette pollution. La brasserie Kronenbourg d'Obernai a fait faire un forage dans les grès vosgiens à Gresswiller, l'eau de la nappe rhénane qu'elle utilisait sur place depuis sa construction (1967-68) n'étant plus aux normes. Cette société a été amenée à dépenser plus de 10 millions d'euros pour tenter d'échapper à la pollution !

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