Attention à la maladie de Lyme !
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Comparable à la syphilis par son évolution en trois phases, la maladie de Lyme doit son nom à une localité des USA. Une épidémie prolongée (7 ans) y a permis de comprendre que les diverses manifestations (signes cliniques) qui définissent à présent cette maladie provenaient d'une seule et même cause : l'inoculation d'un spirochète (sorte de bactérie en forme de vrille), du genre Borrelia, par une espèce locale de tiques (Arachnides Acariens Ixodidés).

Ce genre de spirochètes n'a été découvert qu'en 1982. Mais il existe depuis au moins un siècle en Amérique du Nord, en Europe et en Sibérie, hébergé par les Mammifères sauvages (cervidés, sangliers, lapins, rongeurs, etc.), qui en constituent le réservoir permanent. Les tiques assurent leur transmission, qui n'épargne ni l'espèce humaine ni les animaux domestiques. Certains animaux en souffrent, d'autres non. Le danger existe pour toute personne qui fréquente les forêts, taillis et prairies à la belle saison, du début du mois de mars jusqu'en novembre, avec une prédominance au printemps.

Le signe clinique primaire, très caractéristique de la maladie de Lyme est un anneau rouge (sur une peau bronzée ou noire, un bleu) qui se forme autour du point de piqûre après 2 à 32 jours, grandit durant une ou deux semaines, puis disparaît au bout de 3-4 semaines : c'est l'érythème chronique migrant, décrit dès 1909 par un médecin suédois. Le diamètre de l'anneau dépasse 5 cm et et peut former une grande plaque rouge vif. Dès 1951, on savait que cette lésion purement cutanée guérit assez facilement par des injections de pénicilline (comme la lésion primaire, locale, de la syphilis). Sinon, le microbe risque d'envahir des organes internes, avec une prédilection pour le système nerveux. Accessoirement, on note souvent l'apparition de douleurs fébriles, comme dans une grippe.

Voir des exemples.

Il ne faut pas confondre l'anneau typique avec la petite rougeur en forme de bosse qui marque le point de la piqûre et peut persister jusqu'à une semaine. Ce n'est qu'une irritation sans gravité, sauf infection secondaire. L'œdème assure l'expulsion du rostre de la tique, lorsqu'il est resté enfoncé dans la peau.

Un traitement antibiotique plus sévère vient à bout des lésions secondaires, qui consistent en des signes articulaires et musculaires très variables selon les individus (inflammation du genou, douleurs lombaires violentes et souvent nocturnes, fourmillements, paralysies), de l'arythmie cardiaque, une méningite, des migraines, des troubles oculaires, une grande fatigue, etc. Si l'on n'a pas remarqué le signe primaire, pas toujours très net, le diagnostic est difficile. Les analyses de laboratoire (recherche des anticorps spécifiques, Western blot, PCR) ne sont pas toujours concluantes, d'autant plus qu'il existe plusieurs espèces et des centaines de souches différentes de Borrelia.

La troisième phase est très grave : aux signes précédents s'ajoutent des troubles mentaux, des troubles de l'équilibre, de la motricité, etc. Un traitement antibiotique permet encore de stopper l'extension du mal, mais certaines lésions sont irréversibles.

Il n'y a pas d'immunité naturelle ou acquise. On peut très bien avoir cette maladie plusieurs fois ! Néanmoins, un vaccin est à l'étude (2005-2006, Baxter Vaccines, Vienne, Autriche).

 

Borrelia vues au microscope photonique
Rostre (en vert, ci-contre) et palpes de tique, vus au microscope électronique à balayage

 

Savoir reconnaître les tiques

Les tiques du genre Ixodes sont de petits Arachnides Acariens, très courants. On peut les observer en secouant des herbes ou des branches de buissons sur un linge blanc, surtout au printemps. Elles piquent et sucent le sang (animaux hématophages), aussi bien des Mammifères sauvages que des Mamifères domestiques et des humains. Elles puisent ainsi les Borrelia, cause de la maladie de Lyme, dans les individus infectés, et les transmettent.

Le cycle annuel de ces Acariens passe par quatre stades : (1) l'œuf, (2) la larve, minuscule, peu pigmentée donc moins visible sur la peau, à 3 paires de pattes, (3) la nymphe, nettement plus grosse, pigmentée, qui a 4 paires de pattes comme les adultes, (4) les adultes, mâle (1-2 mm) et femelle (7-11 mm), très différents l'un de l'autre.

Le passage d'un stade au suivant exige une mue (changement de tégument), précédée d'un repas de sang. Le mâle ne se nourrit pas. Voyez ci-dessus une image de l'accouplement (cliché en microscopie électronique à balayage). La femelle absorbe encore une grande quantité de sang avant de pondre et se transforme alors en une boule. Elle pond plusieurs millions d'œufs, à terre. La durée du cycle est très variable, selon les conditions météorologiques.

 

 

Comment se protéger des tiques ?

  1. Se couvrir pour marcher dans la végétation : mi-bas (chaussettes longues, couvrant entièrement la jambre), pantalons très longs, veste de toile à manches longues, coiffure.
  2. Vaporiser un acaricide sur le bas des vêtements (chevilles, surtout).
  3. Marchez de préférence sur les sentiers ou les chemins, ne vous asseyiez pas dans l'herbe (les tiques se tiennent près du sol), évitez les prairies non fauchées (où les tiques pullulent au printemps).
  4. Changez de vêtements à l'arrivée, secouez fortement ceux qui viennent d'être portés et rangez-les loin du lit, ou lavez-les tout de suite dans un lave-linge.
  5. Se doucher soigneusement et en profiter pour examiner TOUTE la surface du corps (une grande glace dans la salle de bains est très utile), de préférence en plein jour ou sous un éclairage puissant.
  6. Enlever et écraser les tiques qui circulent sur la peau.
  7. Dans les 24 heures, repérer les tiques fichées dans la peau, les enlever très doucement avec une pince fine (sans les écraser : avec une pince très fine, saisir le rostre au ras de la peau) ; inspecter tout particulièrement les articulations et les zones cachées (derrière les genoux, sous les bras) ; l'emploi d'éther et autres produits est déconseillé (peu efficace et réellement dangereux : explosions, incendies…).
  8. Traiter régulièrement ses animaux domestiques par des insecticides à effet prolongé (genre FrontLine ®), et les surveiller.
  9. Entretenez vos espaces verts : taille des ligneux, tonte des gazons, élimination des déchets, réduction de l'humidité des surfaces, clôtures (gibier).

    Ces conseils ne doivent pas vous inquiéter outre-mesure ! Si vous préférez vous vautrer dans l'herbe, vous promener en tenue légère, compte tenu de la chaleur, ce n'est pas dramatique (ni même drame-à-tiques…). Ne courrez pas non plus chez votre médecin pour rien. Mais veillez à vous munir d'une bonne pince (exemple : pince coudée Moria 11 cm à pointes mousses 0,5 mm ; pas une pince à épiler !!), et appliquez au moins les mesures n° 5 à 7 après chaque sortie ou chaque journée de jardinage. Une tique enlevée dans un délai de 24 heures ne présente pas de danger. Notez quand même l'événement et surveillez le point de piqûre durant 10 jours. Prévenez les parents des enfants.

    La situation en Alsace (2001-2003)