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Le réseau Natura 2000

 

L'Union Européenne (UE) a demandé à ses membres en 1992 (directive « Habitats ») de protéger les zones abritant des espèces végétales et animales menacées, en prévoyant des aides financières aux gestionnaires ou aux propriétaires de ces sites, en particulier les agriculteurs et les forestiers.

Chaque État devait transmettre, dans un délai de trois ans (1995), sa liste de sites Natura 2000. La France n'a commencé son inventaire qu'à cette date. Le Muséum national d'histoire naturelle (MNHN, Paris), chargé de ce travail scientifique très pointu, a présélectionné 1316 sites, représentant 13,6% du territoire national, mais la France n'a transmis qu'une liste de 1109 sites en 2001, soit 5,8% du territoire, le stricte minimum. Or, à la suite de deux recours intentés par des chasseurs pour non-respect des procédures de concertation, le Conseil d'État a annulé 531 sites. Le 11 septembre 2001, la liste étant incomplète et les délais largement dépassés, la Cour de justice européenne à condamné la France à des astreintes journalières, qu'elle a dû verser à compter du 12 mars 2003. Que s'est-il passé entretemps ? Je cite Le Particulier, n°955 (juin 2002) :

« Deux décrets de novembre et décembre 2001 ont fixé les procédures de désignation et de gestion de ces sites. Les préfets ont envoyé, début 2002, aux conseils municipaux une lettre leur demandant de délibérer dans un délai de 2 mois sur le classement des sites concernés, l'absence de réponse valant pour accord.
Chasseurs et agriculteurs bloquent la procédure. En Aquitaine, en Camargue et dans la Manche, notamment, la procédure est bloquée. En effet, des chasseurs, des agriculteurs et certains élus dénoncent le calendrier trop court, le flou qui entoure le zonage des sites et craignent l'interdiction de certaines pratiques sur ces sites. Résultat, le 12 avril, le ministère de l'Environnement n'avait reçu que 160 nouvelles propositions de sites de la part des préfets sur les 600 qu'il pensait pouvoir présenter fin avril à la Commission. La France doit donc tenter de négocier un réaménagement du calendrier établi par Bruxelles. »

2007

Le 19 février 2007, le ministre de l'Écologie et du Développement Durable a réuni le Comité national de suivi Natura 2000. Le contentieux avec l'UE est clos, par classement. La surface des 1 334 sites d'intérêt communautaire plus 369 zones de protection spéciale couvre plus de 12 % du territoire métropolitain, soit 6,7 millions d'hectares. Il va maintenant falloir gérer ces réserves, en concertation avec les propriétaires. Les outils disponibles sont les documents d'objectif, contrats et chartes Natura 2000. Des crédits doivent être votés, des ressources fiscales instituées. Le Plan de Développement Rural Hexagonal doit fournir des fonds.

2008

Les sites Natura 2000 de la vallée de la Bruche sont officiellement créés : site du Champ du Feu (qui se substitue à l'ancienne Réserve Biologique Domaniale gérée par l'ONF), sites du Donon, du Schneeberg et du Grossmann. Il reste à mettre en place les structures et les moyens indispensables à la protection et à la gestion durable de ces espaces naturels irremplaçables.