En
2001, d'après un physicien spécialiste du nucléaire, les
réserves connues correspondaient à une durée de 40 ans pour
le pétrole, 56 ans pour le gaz naturel (méthane), 197 ans pour le
charbon et 417 ans pour l'uranium (avec les surrégénérateurs),
qui sont toutes des ressources énergétiques non renouvelables,
qu'on peut qualifier de « fossiles ». Cela au rythme des
consommations de 2001. Ces estimations n'ont pas changé en 2009 !
Le
nucléaire a l'avantage de ne pas produire de gaz à effet de serre,
sauf dans l'exploitation minière de l'uranium (part relativement négligeable),
mais pose de graves problèmes
d'élimination des déchets radioactifs, de sécurité
et de coûts. Le
livre de Richard HEINBERG (2008) fait le point sur la déplétion
des réserves de pétrole et ses conséquences, tragiques.
Parmi
les énergies renouvelables, l'hydroélectricité
plafonne à des niveaux modestes et a déjà saccagé
bien des fleuves et des rivières. La fermentation anaérobie
des déjections ou des déchets organiques (« biomasse »)
produit du méthane (combustible pratique) et du CO2
(« biogaz ») , et le méthane brûle en donnant
CO2 et vapeur d'eau (trois molécules
à effet de serre d'un coup !). Le bois pose des problèmes
de pollution et produit évidemment du CO2, qui n'est
pas recyclé avant des décennies par la croissance de nouveaux arbres.
Les
« énergies alternatives » au sens strict
(car le terme est ambigu, selon qu'on y inclut le
nucléaire ou non) utilisent, soit l'énergie solaire sous
ses différentes formes (lumière visible et infrarouge, vents, vagues
et courants marins), soit les flux de chaleur émis par le sol ou les couches
profondes de la Terre (énergie géothermique). Le solaire
thermique permet des économies de chauffage, le solaire photovoltaïque
produit de l'électricité, tout comme les éoliennes
(actionnées par les vents, eux-mêmes dus à l'action du Soleil
sur l'atmosphère terrestre). La géothermie profonde est déjà
utilisée dans des sites très particuliers, mais les usines marémotrices
ont peu d'avenir et sont critiquées. L'énergie des vagues peut être
convertie en électricité, mais n'offre pas de grandes perspectives.
L'ensemble de ces énergies nouvelles ne pourra jamais fournir autant
de kilowatts-heures que les énergies fossiles. La fusion nucléaire
et la production massive d'hydrogène, qui se présente comme le combustible
idéal, sont encore lointaines et très problématiques, pour
ne pas dire utopiques.
À
terme, nous n'aurons sans doute pas d'autre choix que de nous contenter des énergies
renouvelables et alternatives. Cela dépend de l'évolution démographique
de chaque pays, de son climat et de son niveau de vie. Le nucléaire
reste une nécessité pour la plupart des pays gros consommateurs,
au moins transitoirement. Ne pas fournir toute l'électricité demandée
serait suicidaire, aucun gouvernement ne s'y risquera. Il n'en reste pas moins
que des économies d'énergies fossiles s'imposent dans l'immédiat
et devraient faire l'objet de campagnes d'opinion, lois et régulations
fiscales (le portefeuille est l'endroit le plus sensible du corps
).
Il
faudra donc que la population mondiale se stabilise, puis diminue, de toute urgence !
Ce qu'elle fera, de gré ou sous la pression de la misère, des épidémies,
famines, etc. Un
effondrement de notre niveau de vie « à l'occidentale »
est inéluctable. La crise portera sur les transports, l'offre alimentaire,
l'emploi, etc.
L'augmentation
continue des transports par route (personnes et marchandises) doit être
stoppée de toute urgence !
Lisez le rapport publié en 2000 (déjà !) par l'Agence
européenne pour l'environnement (fichier
PDF, en ligne).