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La consommation
continue de l'espace géographique, observée plus particulièrement
en Alsace (région à forte densité de population) est due
à des causes multiples : - l'augmentation
de la population,
- la
dissociation des familles (augmentation du nombre de divorces),
- les
progrès de l'enseignement et de la recherche (nouveaux campus, etc.),
- l'augmentation
des transports terrestres (frêt et plateformes logistiques, déplacements
en voitures personnelles, nouvelles voies routières et voies ferrées),
- la
préférence pour l'habitat individuel,
- l'évolution
des pratiques agricoles,
- le
développement des loisirs sportifs et de la convivialité communale,
- l'activité
des entreprises du bâtiment et des travaux publics, qui sont constamment
à la recherche de nouvelles commandes, en particulier de marchés
publics, dont les décideurs sont les élus locaux et l'État.
Cette
consommation continuelle d'espace réduit d'autant l'étendue des
surfaces cultivables. Le ministère de l'Agriculture l'évalue donc
chaque année. En 2001, en Alsace, les surfaces totales occupées
par l'habitat étaient de 34 819 ha pour l'individuel, 4 528 ha
pour le collectif. L'impact
de la réduction des espaces relativement naturels que sont les prairies
fauchées, les pâturages, les haies (remembrements) et les friches
(associations foncières pastorales), les zones humides et les zones inondables
affecte évidemment la richesse de la flore et de la faune. Les sols disparaissent
en tant que biotopes vivants, complexes et variés. Seule la forêt
résiste : c'est généralement la seule surface dont l'urbanisation
est interdite ! Au
début de l'année 2008, M. Maurice WINTZ, directeur de lčInstitut
dčurbanisme et dčaménagement régional (Université de Strasbourg),
donnait une nouvelle évaluation de la consommation d'espace en Alsace,
pour la période 19842000 : - 1 046
hectares ont été artificialisés, soit en moyenne 2,9 ha par
jour (alors que le « Land » voisin, Baden-Würtemberg,
bien plus étendu, en consommait 11 ha/j)
- du
point de vue de l'écologie, 43 % des habitats naturels ont ainsi disparu
- et
37 % des espèces de plantes et d'animaux sont menacées de disparition
ou ont déjà disparu
- du
point de vue réglementaire, des institutions comme le Conseil régional
d'Alsace n'ont aucune prise sur les Plans locaux d'urbanisme (PLU), qui devraient
pourtant préserver les milieux naturels et la biodiversité, mais
ne le font guère ; la Communauté urbaine de Strasbourg établit
son Schéma de cohérence territoriale (SCOTERS)
en toute indépendance et pourrait garantir la protection du hamster d'Europe ;
mais le Conseil régional et le Conseil général du Bas-Rhin
ont soutenu le projet de Grand contournement Ouest
de Strasbourg, qui contribuera sans doute à l'extinction de cette espèce
en France ! Et le président de la République leur a apporté
son appui, on ne sait trop pourquoi
Ce
« grand hamster » étant sur le point de disparaître,
la France a donc reçu en octobre 2007 une mise en garde de la Commission
européenne : « Faute de mesures compensatoires suffisantes », la Commission
pourrait engager une procédure contre la France devant la Cour européenne
de justice pour violation de la directive Natura 2000 de 1992. Au début
de 2010, la situation n'a pas changé.
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De 1992
à 2003, l'Alsace a perdu près de 11 000 hectares de prairies.
Il en reste 103 000 au début de l'année 2004. Cette disparition
s'explique par l'extension des terres labourées (+ 4 924 ha dans
le Bas-Rhin, mais réduction de 2 281 ha dans le Haut-Rhin) et surtout
par les constructions nouvelles (+ 3 376 ha de bâtiments, + 3 531 ha
de pelouses et autres sols artificiels, + 1 930 ha de routes). En huit
ans, ce sont plus de 4 000 ha de propriétés bâties individuelles
qui sont apparues, contre 402 ha d'habitat collectif, seulement. L'impact
de cette artificialisation des surfaces sur les mouvements de l'eau (diminution
de l'infiltration, augmentation des écoulements de surface, saturation
des canalisations, inondations plus fréquentes et plus graves) et sur sa
qualité (nitrates, matières en suspension) sont évidentes.
L'eau qui s'écoule sur les surfaces dures (routes, parkings) est chargée
d'hydrocarbures. Les nitrates n'ont plus le temps de s'éliminer au contact
de la verdure. | |