Les ressources naturelles : la forêt

 

 

Les forêts sont des peuplements denses d'arbres, c'est-à-dire de végétaux riches en bois (plantes ligneuses) et de grande taille (4 à 140 mètres à l'état adulte). Lorsque ces arbres sont clairsemés, il ne s'agit plus de forêts, mais de savanes, toundras, etc., selon le climat, trop froid (latitude, altitude) ou trop sec (régions arides, régions semi-désertiques). Il existe d'autres peuplements végétaux denses à base de plantes ligneuses, les landes (ligneux très bas, comme les callunes dans les Vosges), auxquelles on peut rattacher les peuplements des tourbières, et dans le sud de la France les garrigues et les maquis.

Les terres émergées (îles et continents) ont commencé à se couvrir de forêts durant la période géologique appelée Carbonifère (-359,2 à -299 millions d'années). Les arbres de cette époque se reproduisaient, comme les lycopodes, les prêles et les fougères actuels, leurs proches parents, par des spores microscopiques. Chaque spore, en germant, donne naissance à un prothalle, minuscule (environ 1 mm), qui forme des ovules et des spermatozoïdes. Ceux-ci doivent nager dans l'eau pour aller féconder les ovules et donner un œuf. L'œuf se développe en en nouvel arbre. Ce mode de reproduction est lent. Sa réussite dépend de la présence d'eau en permanence. Ces plantes sont appelées Cryptogames vasculaires : elles n'ont pas de fleurs, leur fécondation est « cachée » (crypto-), mais (contrairement aux algues, aux mousses et aux hépatiques) elles possèdent déjà des vaisseaux pour transporter l'eau et la sève, ce qui leur permet d'atteindre de grandes tailles. Le bois est formé par une multitude de vaisseaux spécialisés, dérivés de cellules dont la paroi est devenue épaisse et rigide grâce à la synthèse de polymères phénoliques (lignines), en plus de la cellulose (qui est un polymère du glucose, comme l'amidon). Cette solidité permet à la plante d'atteindre une grande taille et de résister au vent, à la neige, etc. Elle peut vivre durant des siècles, parfois des millénaires. Dans une forêt, la biomasse végétale est énorme.

L'évolution biologique des plantes et les accidents climatiques ont ensuite conduit à l'apparition de plantes à pollen et graines, les Spermaphytes, qui comprennent deux grands groupes d'espèces : les Gymnospermes (qui sont toutes des arbres, avec surtout les Conifères, ou « résineux ») et les Angiospermes (les autres arbres et une foule de plantes herbacées, à fleurs plus ou moins visibles).

Dans les différentes parties du monde, on trouve différentes sortes de forêts :

  • d'immenses forêts de conifères (forêts boréales, taïgas) couvrent le nord de l'Eurasie et de l'Amérique ; son équivalent austral, beaucoup moins étendu, est la forêt à Notofagus, le hêtre austral (Terre de Feu, Nouvelle-Zélande) ; les forêts de conifères couvrent aussi les montagnes, plus au sud, à partir d'une certaine altitude
  • d'immenses forêts tropicales, ou plus précisément pluviales, se trouvent entre les tropiques (forêt amazonienne, forêts d'Amérique Centrale, forêt ouest-africaine, etc.) ; certaines d'entre elles, en altitude, sont des « forêts des nuages », dégoulinantes d'humidité, dans un air plus froid
  • les rivages tropicaux sont couverts de mangroves, forêts de palétuviers, adaptés à l'eau de mer
  • la laurisylve, dans le sud de la Chine, à la Réunion, à Madère, à Ténérife (Canaries), est formée d'essences à grandes feuilles charnues, du même type de nos lauriers-sauce, lauriers-cerises, lauriers-tins du sud de la France)
  • lorsque le climat devient plus sec, on passe à une forêt sèche (forêt méditerranéenne, chaparral en Californie), sujette aux incendies ; le maquis, sur les sols siliceux (Corse, Cévennes), ou la garrigue, sur les sols calcaires, composés seulement d'arbustes et de petits arbres clairsemés, remplacent la forêt incendiée ; certaines formations végétales clairsemées (brousse, savanes) sont même adaptées aux feux saisonniers
  • la forêt à feuilles caduques (chênaie-hêtraie naturelle de nos régions) pousse en climat tempéré humide (Europe occidentale et centrale, Est de l'Amérique du Nord) ; la forêt vosgienne actuelle, à base d'épicéa, est une forêt artificielle, plantée à la fin du 19e siècle par les Allemands pour produire du bois d'œuvre et de la pâte à papier, d'où la présence de grandes scieries, comme Siat-Braun à Urmatt et Gresswiller ; auparavant, l'épicéa Picea excelsa était rare, il n'était qu'une relique de l'époque glaciaire, très étroitement localisée dans les Hautes Vosges !

Les forêts pluviales sont beaucoup plus riches en espèces ligneuses (100-150 espèces par hectare) que les forêts boréales ou tempérées. Il en est de même pour les espèces animales. Leur destruction représente une catastrophe majeure de notre temps. Les sols de ces régions ne sont riches ni en humus ni en éléments nutritifs, à cause de leur lessivage intense, et la latéritisation les rend durs et imperméables après leur mise en culture. La destruction des mangroves, lieu de reproduction d'innombrables espèces de poissons, est également fort préjudiciable.

La surface des forêts à feuilles caduques est déjà fortement réduite par l'agriculture, qui a profité des sols « bruns » (riches en humus) formés au cours des âges par la décomposition lente de la litière, accumulation saisonnière de feuilles mortes. Certaines espèces de feuillus (ormes, frênes, aulnes, tilleuls) poussent sur des sols riches en eau et donnent un humus de meilleure qualité que d'autres. Les bois des feuillus (hêtre, châtaignier, frêne, etc.) sont de bien meilleurs combustibles que ceux des résineux. Ils servent aussi en menuiserie, ébénistérie, lutherie, etc., en fonction de leurs qualités mécaniques et esthétiques. Les feuilles, les bourgeons et les fruits nourrisent cervidés, oiseaux et insectes. Lisez la synthèse faite par l'Union Européenne.