| Comme
les combustibles fossiles, les métaux et métalloïdes (éléments
chimiques) sont des ressources non renouvelables du globe terrestre, extraits
jusqu'à présent par des mines creusées dans l'écorce
terrestre. Certains d'entre eux existent aussi à l'état de nodules
polymétalliques dans le fond des océans, à grande profondeur,
mais leur exploitation n'est pas encore économiquement rentable. Une estimation
japonaise faite en 2011 montre que les terres rares y sont abondantes. En
juin 2008 (numéro spécial « Construire un monde durable »,
pages 4447), la revue Sciences & Vie donnait l'abondance estimée
de chaque élément dans la croûte terrestre et celle des réserves
économiquement exploitables pour les douze métaux les plus utilisés,
avec le nombre d'années d'exploitation envisageables au rythme actuel :
c'est la première durée indiquée ci-dessous. La deuxième
durée est tirée de la mise au point de Mme K. R. Ragnarsd--ttir,
Nature Geoscience 1 (11), 720721 (2008), Rare metals getting rarer,
qui donne également le % de recyclage actuel (entre parenthèses),
pour certains de ces métaux. La troisième durée est
celle du récent numéro de Science & Vie (mai 2012, n° 1136,
pages 5271 : Alerte à la pénurie !), qui
s'intéresse aussi aux métalloïdes.
- Argent :
13 ans ?
- Palladium :
15 ans ?
- Or :
17 ans ? 20 ans
- Zinc :
17 ans 45 ans (25 %) 20 ans
- Étain :
20 ans 40 ans (25 %)
- Plomb :
22 ans 40 ans (70 %)
- Cuivre :
31 ans 60 ans 38 ans
- Antimoine :
X 30 ans 11 ans
- Nickel :
40 ans ?
- Platine :
56 ans 360 (0 %) (Rhodium inclus) 100 ans (id.)
- Fer :
79 ans ?
- Cobalt :
112 ans ?
- Aluminium :
131 ans 270 ans (50 %)
- Phosphore :
X Y 340 ans
- Hélium :
X Y 23 ans
- Rhénium :
X Y 50 ans
- Uranium :
X Y 46 ans
- Indium :
X 15 ans (0 %) 17 ans
- Gallium
(écrans, lasers, cellules photovoltaïques) pas d'estimations,
ni des réserves ni de la durabilité !
- Coltan,
minerai de niobium (ex-columbium) et tantale (ce dernier très utile en
électronique, par exemple celle des portables) Y = 115 ans (20 %)
pour le tantale
| | Commentaires Faut-il
paniquer ? À
mon avis, non, et cela pour plusieurs raisons, évidentes :
- l'imprécision
des estimations (voir ci-contre)
- les
mécanismes du marché
- les
possibilités de recyclage
- la
prise en considération des usages de chaque métal
La
presse
économique et la presse
professionnelle font confiance aux mécanismes du marché, tant
qu'il reste libre, mondial et transparent : la production est en mesure de
répondre à la demande, la prospection peut découvrir de nouveaux
gisements dans les nombreuses régions inexplorées, l'augmentation
des prix encouragera l'exploitation de gisements plus profonds ou moins riches.
Mais ceci comporte évidemment des inconvénients pour l'environnement ! La
dispersion uniforme des gisements sur l'ensemble des continents constitue une
garantie contre les risques politiques (insécurité sous toutes ses
formes, nationalisation de telle ou telle ressource). Certaines mines ont été
fermées bien avant d'être épuisées, soit pour des raisons
économiques (prix trop bas, coûts trop élevés, mauvaise
gestion), soit pour des raisons politiques. Et la spéculation ainsi que
la constitution de « réserves métalliques »
par les banques centrales ont des limites, dans le système financier international
actuel.
Le
recyclage est déjà pratiqué et pourrait être généralisé.
Des économies sont possibles, autant dans l'emploi des métaux que
dans l'énergie consommée pour leur transformation. Enfin, les usages
peuvent se modifier en cas de besoin : la bijouterie utilise 85 % de
l'or, 44 % du platine, 31 % de l'argent
et 20 % du palladium. L'usage de l'argent en photographie est concurrencé
par l'avènement de la photo numérique. Certains métaux qui
présentent des caractéristiques exceptionnelles, comme le gadolinium
(réfrigérateurs de nouvelle génération, utilisant
l'effet magnétocalorique), peuvent être remplacés par des
alliages d'autres métaux. Néanmoins,
la lecture des commentaires de spécialistes est de nature à nous
alerter (voir Science & Vie de mai 2012).
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