Le crépuscule du dieu Pétrole
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Sources :

Pétrole

NB : 1 baril = 159 litres

Réserves prouvées en 2003 (gigabarils, Gb) :

  1. Total : 1148 (même valeur pour la production)
  2. Golfe Persique et pays riverains  : 726,6 (63,3 %)
  3. Europe + CEI + Turquie : 105,9 (9,2 %)
  4. Amérique du Sud : 102,2 (8,9 %)
  5. Afrique : 101,8 (8,9 %)
  6. Amérique du Nord : 63,6 (5,5 %
  7. Sud-Est de l'Asie : 47,7 (4,2 %)

Réserves prouvées en 2007 (qualité "Light Sweet Crude", gigabarils, Gb) :

  • Total : 1204
  • Total OPEP : 939 (78 %)
  • Total hors OPEP : 265 (22 %)

Réserves OPEP prouvées en 2007 (qualité "Light Sweet Crude", gigabarils, Gb, arrondi à l'unité) :

  • Arabie Saoudite : 264
  • Iran : 138
  • Irak : 115
  • Koweit : 101
  • Émirats arabes unis : 98
  • Vénézuela : 87
  • Libye : 41
  • Nigéria : 36
  • Qatar : 15
  • Algérie : 12
  • Angola : 9
  • Indonésie : 4

Production et consommation en 2003 :

  • Production : 1147,7 Gb (soit 3697 Mt, mégatonnes)
  • Consommation : 3637 Mt
  • Le pétrole sous-marin (offshore) représentait 1/3 de la production

    Le graphique ci-contre illustre l'inégalité profonde des consommations (en tonnes par an et par habitant) entre les pays, par rapport à leur population.

Production hors OPEP au 1er semestre 2008 :

  • Total : environ 30 Mbj (millions de barils par jour)
  • Russie : 10,04
  • USA : 7,43
  • Chine : 3,92
  • Canada : 3,44
  • Mexique : 3,22

Production des membres de l'OPEP (sauf l'Irak) en juillet 2008 et nouveaux quotas fixés en octobre 2008 (en rouge) :

  • Total : 29,5 Mbj (millions de barils par jour) - 27,3
  • Arabie Saoudite : 9,55 Mbj - 8,47
  • Iran : 4,02 Mbj - 3,62
  • Émirats arabes unis : 2,67 Mbj - 2,43
  • Koweit : 2,63 Mbj - 2,39
  • Vénézuela : 2,36 Mbj - 2,34
  • Nigéria : 1,97 Mbj - 2,05
  • Angola : 1,85 Mbj - 1,80
  • Libye : 1,70 Mbj - 1,62
  • Algérie : 1,38 Mbj - 1,29
  • Qatar : 0,88 Mbj - 0,79
  • Équateur : 0,50 Mbj - 0,49

    L'Indonésie quittera l'OPEP fin 2008, sa production ayant chuté sous les 1 Mbj. Ce pays est devenu importateur net de pétrole. Ses réserves prouvées sont de 4,37 Gb. Pourquoi le Qatar et l'Equateur font-ils encore partie de l'OPEP ?

Consommation en 2008 :

  • Total : plus de 55 Mbj (millions de barils par jour)
  • USA : 19,76 (303 millions d'habitants)
  • Chine : 7,95 (1milliard 330 millions d'habitants)
  • Euro 4 (F+D+I+RU) : 7,65 (265 millions d'habitants)
  • Japon : 4,59 (127 millions d'habitants)
  • Inde : 3,11 (1milliard 148 millions d'habitants)
  • Brésil : 2,44 (192 millions d'habitants)
  • Canada : 2,26 (33 millions d'habitants)
  • Mexique : 2,16 (110 millions d'habitants)
  • Corée du Sud : 2,09 (49 millions d'habitants)

Pénurie prévisible :

  • débuts : 2008 (masquée par une crise économique éventuelle)
  • pénurie totale et définitive vers 2 060

Gaz naturel

Réserves déclarées en 2005 :

  1. Total : 179 830 Gm3
  2. Russie  : 26,6 %
  3. Iran : 14,9 %
  4. Qatar : 14,3 %
  5. États Arabes Unis : 3,4 % (les autres pays à moins de 3 %)

Production en 2007 :

  1. Europe et Eurasie : 38,4 %
  2. Amérique du Nord : 27,2 %
  3. Asie du Sud-Est et Pacifique : 13 %
  4. Moyen-Orient : 10,6 %
  5. Afrique : 5,9 %
  6. Amérique du Sud et Centrale : 4,9 %

Le GPL est un dérivé du pétrole. Le gaz naturel (méthane) n'est guère utilisé comme carburant. Comme le transport par véhicules à moteur thermique utilisant du pétrole ou du GPL ne fait que croître, en particulier en Chine (future 1ère puissance économique ?), nous vivons actuellement la fin d'un bref épisode de prospérité dans l'histoire de l'espèce humaine.

 

 

Guerres et pétrole

Le bénéfice d'un niveau de vie élevé implique une consommation d'énergie élevée, en particulier de pétrole. La pensée économique dominante a fait croire à la possibilité d'une généralisation de ce mode de vie à l'ensemble des humains, en se refusant à envisager une pénurie des ressources planétaires (énergie, eau, métaux, terres arables), alors que la population mondiale explosait.

En 2008, l'idée d'un « pic du pétrole » (en fait, un pic de production des divers types d'hydrocabures : pétrole et gaz naturel) est généralement admise par les dirigeants politiques et économiques, ainsi que par le public. Tous s'attendent à une envolée des prix des hydrocarbures, due à leur raréfaction progressive, à l'augmentation des coûts d'exploitation des gisements et à leur inéluctable épuisement. Même s'il existe une lien entre le prix de la ressource et l'intensité de la prospection, d'une part, et l'activité économique, d'autre part, comme le montre la crise financière actuelle, ce qui rend les prévisions peu précises, nous savons ce qui nous attend. La spéculation profite naturellement de telles situations.

Le pétrole est aussi un carburant indispensable pour les avions, la plupart des navires (sauf les navires de guerre à propulsion nucléaire), les chars et les autres véhicules terrestres de transports de troupes, dans les guerres modernes, fondées sur la mobilité des protagonistes. L'accès aux gisements pétroliers de la Caspienne (Bakou) était un enjeu vital pour l'Allemagne nazie : en stoppant ses armées avant qu'elles ne les atteignent, l'URSS enlevait à Hitler toute chance de victoire.

Bien des conflits armés récents ont pour origine la recherche, la découverte et l'exploitation de nouveaux gisements d'hydrocarbures, même si des tensions religieuses, ethniques et démographiques y contribuent aussi  : Angola, sud du Soudan, Darfour.

L'invasion de l'Irak (20 mars 2003) et son occupation militaire par les USA et leurs alliés de la « Coalition », s'est faite sous des prétextes mensongers (présence d'armes de destruction massive, appui aux islamistes d'al-Qaïda jugés responsables des attentats du 11 septembre 2001 à Manhattan et au Pentagone). L'instauration d'une démocratie parlementaire et d'un État de droit du type occidental constituait un autre argument, mais on attend toujours la réalisation de cet objectif par le gouvernement irakien. Ce gouvernement a été mis en place à la suite d'élections libres. Et l'Irak a d'immenses ressources pétrolières, en grande partie inexploitées, que ses concurrents ne souhaitent probablement pas voir arriver trop vite sur le marché.

Tous les observateurs avertis ont compris que cette invasion visait essentiellement à contrôler politiquement et militairement le Moyen-Orient, la seule région du monde dont les réserves de pétrole n'ont pas encore atteint leur pic de production, et sont de toute évidence bien supérieures à celles des autres régions du monde (voir ci-contre « Réserves prouvées »).

Pourtant, en 2003, la dépendance des USA à l'égard du pétrole du Moyen-Orient était bien moindre (13% de leurs importations) que celle de l'Europe (30%) et du Japon (75%). De plus, les USA ne dépendaient pas (encore) des réserves de gaz de cette région : ils utilisaient le gaz nord-américain (le transport du gaz naturel coûte 6 à 10 fois plus que celui du pétrole). En 2001, les cinq premiers producteurs mondiaux de gaz naturel (en Gm3) étaient les USA (557,7), le Canada (542,4), la Russie (186,8 seulement), l'Algérie (140,0) et le Royaume-Uni (105,8). Mais cette situation évolue rapidement (voir ci-contre, les statistiques pour 2007, de source BP). Enfin, les USA se seraient décidés (2006) à lancer un programme qui devrait aboutir à leur indépendance énergétique complète, d'ici une vingtaine d'années, s'il réussit. Lisez la page de ce site consacrée à l'hydrogène. Ce sont donc les autres régions du monde qui risquent de pâtir les premières de la pénurie imminente d'hydrocarbures pétroliers, surtout si l'Europe abandonne le nucléaire pour le gaz naturel, beaucoup plus rentable dans l'immédiat, mais dont la combustion produit du CO2, véritable poison de notre atmosphère, à cause de son effet de serre.

En octobre 2009, la situation ne s'améliore pas. L'Irak, toujours occupé militairement, n'a pas d'État assez fort pour assurer l'ordre sur tout son territoire, à commencer par sa capitale, Bagdad, théâtre de massacres entre Sunnites et Chiites. Le Liban est incapable de désarmer le Hetzbollah. Les Palestiniens sont divisés. Israël n'est toujours pas reconnu par l'Autorité palestinienne. L'Iran se nucléarise et défie l'ONU, promettant de rayer Israël de la carte. L'Afghanistan et le Pakistan ne parviennent pas à éliminer les talibans.

 

Origine de l'énergie électrique produite par chaque pays (2002)

Le graphique ci-dessous montre que chaque pays (Europe, Turquie) exploite des sources d'énergie très différentes, en fonction de ses ressources nationales, de ses besoins, de ses capacités techniques, de ses traditions, de son climat et de sa politique.