Dans ce graphique,
on a représenté l'évolution de la production
totale, mondiale, de pétrole (mesurée, comme on le
fait en général, en barils par an, y compris les condensats
qui s'ajoutent au brut en tête de puits). La production des pays
du golfe Persique y est donc incluse. Leur influence est évidemment
grande.
On aperçoit,
plus clairement que dans le graphique précédent, la surproduction
des années 1970 qui forme une double bosse au-dessus de la
courbe verte, théorique. Mais, depuis cet épisode, la
production suit fidèlement cette courbe, ce qui confirme sa validité.
Un décalage de 45 ans entre la courbe de tendance des découvertes
(évidemment, très irrégulières !) et
la courbe de la production permet de situer le pic de production mondiale
entre les années 2000 et 2010. Le déclin paraît
inévitable, mais il est possible que cette catastrophe conduise
les Arabes du Golfe à un pompage désespéré
durant une brève période, ce qui ne fera qu'accélérer
l'épuisement des réserves. Il s'agirait d'une décision
politique. Les techniques d'exploitation améliorées des
gisements n'y changeront rien : elles sont déjà mises
en uvre depuis longtemps ! Quant à l'exploitation
des grands gisements de schistes bitumineux, elle ne relève
pas de la dynamique pétrolière, mais de l'économie
minière, caractérisée par des investissements très
lourds, lents à mettre en place et condamnés d'avance
si leur rentabilité est négative, en particulier parce
que l'énergie dépensée dans leur exploitation sera
plus élevée que celle qu'on pourra en tirer !