| Introduction
aux biocarburants L'agriculture
intensive libère des terres cultivables, pour cause de surproduction. L'Union
Européenne subventionne ces friches. On a proposé d'en faire des
« friches énergétiques », en y cultivant des
espèces végétales susceptibles de fournir des carburants
pour les moteurs à explosion, avec deux objectifs principaux : (1°)
réduire les importations de pétrole, (2°) réduire les
émissions de polluants atmosphériques, en particulier les gaz à
effet de serre, par l'utilisation de carburants renouvelables, non toxiques et
plus riches en oxygène que l'essence ou le gazole. D'où l'expression
de « pétrole vert ». Quels
sont ces produits ? -
les oléagineux (lipides : huiles) sont les plus riches en énergie ;
les moteurs diesel peuvent consommer bien des huiles peu raffinées ;
le diester est synthétisé à partir de l'huile du colza
- l'amidon
des céréales (glucide : polymère naturel de glucose)
peut être fermenté pour produire de l'éthanol (alcool
éthylique)
- le
sucre de betterave (glucide : saccharose) est transformé en un éther
dérivé de l'éthanol, l'ETBE (éthyl-tertio-butyl-éther)
- on
peut aussi utiliser les glucides de la canne à sucre, des pommes de terre,
des topinambours, etc.
- le
bois, la paille, fournissent du méthanol (alcool méthylique)
par distillation ; mais ceci est une autre histoire
Comparons
les trois produits premiers biocarburants cités : - rendement
agricole (tonnes/ha) : 3,5 - 8 - 75
- rendement
en biocarburant (litres/tonne) : 450 - 350 - 100
- valeur
énergétique (kJoules/litre) : 33 175 - 21 285 - 21 285
- énergie
produite par hectare( MkJ) : 52,2 - 59,6 - 159,6
Ces
sources d'énergie ne peuvent jouer qu'un rôle d'appoint dans nos
véhicules automobiles. Pour couvrir la consommation totale, qui était
de 50 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) en 1995, il aurait
fallu cultiver du colza sur le triple de la surface des terres agricoles françaises,
ou 2,5 fois leur surface pour les céréales, ou 92% pour les betteraves !
Ce qui est évidemment absurde. Il n'y a donc aucun espoir de nous soustraire
à la crise pétrolière de cette manière ! L'emploi
de l'éthanol comme carburant en France a été écarté,
ce qui fait qu'il est transformé en ETBE. L'une des raisons est la trop
grande volatilité de l'éthanol pour nos moteurs à injection,
contrairement aux moteurs américains. En
2005, la production française d'éthanol est de 93 000 tonnes
(à partir de 28 000 ha de betterave et de blé). Les
consommations intermédiaires nécessaires à ces cultures
(fabrication des tracteurs, des engrais, des pesticides, raffinage et consommation
du pétrole, transport et processus d'extraction des biocarburants, préparation
du mélange) réduisent le rendement des cultures à 10%, 50%
au maximum si l'on valorise également les sous-produits (tourteaux de colza,
paille des céréales, pulpe de betterave) en les utilisant comme
combustibles dans les usines. Enfin,
les diverses pollutions intermédiaires (épendage des engrais
azotes produisant de l'oxyde d'azote, CO2 des véhicules,
etc.) doivent être prises en compte pour voir si la réduction des
pollutions atmosphériques est bien réelle. D'après l'ADEME,
l'emploi d'une tonne de diester économise 2,2 tonnes de CO2.
Ces biocarburants bénéficient de l'exemption de la taxe intérieure
sur les produits pétroliers (TIPP) en France. Sources :
http://www.manicore.com/
| | | Le
diester En
France, en 2002, 300 000 hectares (ha) de colza produisaient 365 000
tonnes de diester ; en 2005, la même surface cultivée de colza
n'en a fourni que 310 000 tonnes. L'association « Partenaires
Diester », fondée le 6 mars 2003, assure la promotion de ce
biocarburant pour les véhicules diesel. En 2003, plus de 4 000 bus,
camions et utilitaires légers l'utilisent, parcourant plus de 200 millions
de km. Ce biocarburant bénéficie d'une subvention de l'État,
dans la limite de 317 000 tonnes sur les 365 000 t produites en 2002.
Mais le gouvernement a relancé cette filière en 2005 (voir plus
bas).
Pour stabiliser
l'huile, on l'estérifie. Le diester est un ester de méthyle (méthyl-ester).
Diester contraction de Diesel et ester est une marque déposée
par SOFIPROTEOL, l¹établissement financier de la filière française des
huiles et protéines végétales. C¹est devenu un terme commun
pour désigner en France, les esters méthyliques d¹huiles végétales
(EMHV). Ailleurs en Europe, on l'appelle « biodiesel ». Le
diester est une source d' énergie renouvelable. Le rendement énergétique
de sa production est très positif (3,1:1). Il est en outre biodégradable
et non toxique. Le mélange optimal avec le gazole est à 30%, ce
qui réduirait de 35% l'émission des gaz à effet de serre,
sans compter les fumées. Son emploi dans les bus urbains est à promouvoir.
En fait, tous les véhicules à moteur diesel utilisent déjà
un mélange à 5% de diester, comme antidétonant, lubrifiant/solvant
des hydrocarbures lourds et réducteur de la teneur du gazole en soufre. Grâce
à l'incorporation du diester dans le gazole, on espère réduire
de 2% la consommation française de ce carburant, utilisé par la
moitié des automobilistes. De plus, cette filière a créé
3 000 emplois. Son
rôle de solvant et fluidifiant des hydrocarbures aromatiques lourds (goudrons
des revêtements routiers), utilisable à la place des solvants organiques
habituels (benzène, toluène, etc.), toxiques et cancérigènes,
n'est pas moins intéressant : c'est un solvant non toxique et biodégradable,
évitant la pollution des sols et des eaux souterraines. Pour
un bilan complet, voyez le mémoire de diplôme de Bruno LEVIEL, 1996 :
http://www-bioclim.grignon.inra.fr/ecobilan/pub/dru_1.html
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| | Les
algues unicellulaires L'espoir
placé dans la production de biodiesel à partir de cultures d'algues
unicellulaires renaît (Nature 447, n°7144, 30 mai 2007, pages
520521). D'après un comité d'experts, le rendement d'une
culture d'algues dépasserait 90 000 litres de biodiesel par hectare
et par an, alors que le soja n'en produit que 450 litres, le colza 1 200
litres et le palmier à huile 6 000 litres. Contrairement à
ces plantes, les algues n'ont pas besoin de sol et conviennent à des régions
désertiques, bien ensoleillées, ce qui éviterait la déforestation.
Leur culture permettrait aussi d'absorber énormement de CO2.
Et surtout, elle n'entrerait pas en concurrence avec les cultures alimentaires.
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