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en est le malthusianisme ? | | | | | |
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- Thomas R. Malthus, 1798.
Assay on the Principle of Population. J. Johnson, in St. Paul's Church
Yard, London. Version
html.
- Paul
R. Ehrlich, 1971. The population bomb. Ballantine
Books, New York, 152 p.
- Paul
R. Ehrlich & Richard L. Harriman, 1971. How to be
a survivor. Ballantine Books, New York, 33 p.
- Anton
Zischka, 1979. Kampf ums Überleben. Das Menschenrecht
auf Energie.Econ Verlag, Düsseldorf und Wien, 367 p., ISBN 3 430 19962 X.
- Numéro
hors-série d'
Alternatives Économiques sur le développement durable
(janvier 2005).
- René
Dumont (1904-2001) : voir sa biographie et ses publications, dans le moteur
de recherche Google.
- L'Atlas
mondial d'économie et de géopolitique 20052006. Les
4 Vérités Sàrl, 65 rue Claude Bernard, 75005 PARIS, 1
CD, mise à jour du 7 septembre 2005 avec le concours de l'IRIESS. Consultable
en ligne depuis mars 2006 et constamment mis à jour. Voir aussi www.les4verites.com.
- Jean-Marc
Jancovici & Alain Grandjean, 2006. Le plein s'il vous
plaît ! La solution au problème de l'énergie. Éditions
du Seuil, Paris, 190 p., 18 €. ISBN 2-02-085792-8.
- Serge
Letouche, 2006. Le pari de la décroissance. Fayard,
19 €.
- Michel
Godet, 2006. Le choc de 2006. Odile Jacob, Paris, 320 p.,
3e édition. (NB : ce livre écrit
par un disciple du démographe français Alfred Sauvy, nataliste et
partisant d'une croissance continuelle, n'est évidemment pas malthusien !
Mais il décrit très clairement la situation des pays confrontés
au vieillissement de leur population et les graves conséquences qui vont
en résulter. Et ose aborder, dans les dernières pages, les problèmes
posés par la course au profit, la dégradation de l'environnement,
celle des liens familiaux et de l'Éducation Nationale. Un livre indispensable
et passionnant !)
- Vincent
Cheynet, 2008. Le choc de la décroissance.
Seuil, 15 €.
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Anton Zischka
(Vienne, 1904Majorque, 1997) fut d'abord un journaliste (1924-29, rédacteur
de la "Neuen Freien Presse", puis correspondant de presse dans les Balkans et
au Proche-Orient). Témoin privilégié des progrès industriels
de l'avant-guerre (avant 1939), il assista, en particulier, à la prise
de contrôle des Américains sur les champs pétrolifères
de l'Arabie (1934). À partir de 1934, il se consacra à la rédaction
d'ouvrages sur les questions les plus brûlantes de la géopolitique :
le pétrole, l'énergie, la faim dans le monde, le rôle des
USA et du dollar, etc. C'est un auteur polyglotte, du fait qu'il a travaillé
comme ouvrier dans les mines de charbon du Borinage, en Belgique. Son premier
ouvrage, La guerre secrète pour le pétrole, est paru à
Paris, chez Payot. Dans
l'ouvrage référencé ci-contre (Lutte pour la survie. Le
droit de l'homme à l'énergie), Anton
Zischka retrace toute l'histoire
de l'énergie et critique l'utopie d'un retour en arrière, tel qu'il
est préconisé par les antinucléaires européens. | |
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Paul R. Ehrlich
(né en 1932), professeur à l'Université de Stanford, Californie,
est un écologiste, spécialisé dans la dynamique des populations
d'insectes, en particulier des papillons. Sa
prise de position violemment mathusienne, en 1968, dans le fameux ouvrage sur
la « Bombe Population » (The Population Bomb), ont
défrayé la chronique. Ses prédictions imprudentes ont complètement
déconsidéré les économistes malthusiens.
Si l'accroissement de la population constitue véritablement un handicap
pour les États qui ne parviennent pas à la freiner suffisamment,
et pour le monde entier, et si Paul Ehrlich a raison de la mettre en cause pour
ce qui concerne la disparition des espèces animales et végétales,
cette catastrophe est loin d'atteindre tout le monde : seuls les plus pauvres
et les plus faibles en pâtissent ! Allez
voir la page qui vous donne la population
mondiale en temps réel ! | |
Jacques-Yves Cousteau
(19101997) et l'équipage de son navire océanographique La
Calypso (ancien dragueur de mines, qu'il a racheté en 1948) ont, par
leurs films documentaires, diffusés à la télévision,
permis au grand public du monde entier de connaître la vie des océans
et des grands fleuves, et les menaces qui planent sur eux. Sa campagne (1959-1982)
en faveur du classement du continent Antarctique comme « réserve
naturelle consacrée à la paix et à la science »
fut décisive. Il a le premier tiré la sonnette d'alarme pour la
protection de la Méditerranée. Il nous a laissé le slogan
fondamental du « développement durable » ou, mieux
encore, du simple bonheur de vivre : « Léguer
aux générations futures une Terre où il f(er)ait bon vivre » Un
rêve ? | | |
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| L'Association
pour l'Étude du Pic du Pétrole et du Gaz (Association for
the Study of Peak Oil&Gas, ASPO)
organise annuellement un
colloque sur l'épuisement du pétrole. Hubbert, géophysicien
de la compagnie Shell, avait prédit en 1956 que la production de pétrole
aux États-Unis allait culminer en 1970, en se fondant sur la courbe des
découvertes, décalée de 30 ans. Sa prévision s'est
avérée juste. La « courbe de Hubbert » est
du type « courbe en cloche » (loi normale, en statistique).
Jean Laherrère [http://www.oilcrisis.com/laherrere/isib]
a effectué une analyse identique au niveau mondial, en tenant compte de
l'ensemble des hydrocarbures exploitables. Le pic de la production était
prévu pour 2010-2015, sauf si la consommation baissait brutalement comme
après le choc pétrolier de 1979. Les prévisions optimistes de l'Agence
Internationale pour l'énergie prévoient le pic seulement pour 2020.
Les réserves de pétroles et de gaz accumulées pendant plus
de 500 millions d'années risquent d'être consommées en deux siècles !
Cette situation
n'indique pas que nous nous préparons à entrer dans le monde de
Mad Max, mais que le prix du pétrole va augmenter, entraînant
une distorsion de l'ensemble des prix car nous sommes toujours dans une société
basée sur la consommation énergétique, depuis la première
révolution industrielle. Bien que l'intensité énergétique,
c'est-à-dire la quantité d'énergie nécessaire à
la production de 1000 dollars de Produit Intérieur Brut (PIB), ait baissé,
la quantité totale consommée a augmenté. Ce qui récuse
le concept de développement soutenable (sustainable development),
proposé par la Commission Mondiale sur l¹Environnement et le Développement
présidée par Mme Gro Harlem Brundtland (1983), un « mode
de développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre
la capacité des générations futures de répondre à
leurs propres besoins ». Dans
ce contexte, de nouveaux concepts apparaissent comme ceux de décroissance
soutenable [http://www.decroissance.org/textes/latouche.htm]
ou de croissance sobre, qui préserverait le capital naturel. L'économiste
Nicolas Georgescu-Roegen est le père de la notion de décroissance. L'association
NégaWATT (http://www.negawatt.org/) propose un scénario pour les
années à venir (schéma
à télécharger). En
1997, dans un nouveau rapport commandé par le Club de Rome, « Facteur
4 » (éd. Terre Vivante),
Ernst U. von Weizsäcker, Amory B. Lovins et L. Hunter Lovins ont proposé
de donner à l'ensemble
des hommes « deux fois plus de bien-être en consommant deux fois moins
de ressources », ce qui signifie une augmentation par 4 de la productivité.
On peut demeurer sceptique. Le dernier livre paru (2008), celui de Vincent CHEYNET,
est à cet égard très convaincant (référence
ci-dessus). | |
Le
Club de Rome Association
privée internationale, fondée le 8 avril 1968 lors d'une première
réunion à Rome, par une poignée de scientifiques et de décideurs,
qui souhaitaient que la recherche s'empare du problème de l'évolution du
monde pris dans sa globalité pour tenter de cerner les limites de la croissance. Son
premier manifeste, « Halte à la croissance », achevé
dès 1971 aux USA et publié en 1972 en Europe, eut un grand retentissement,
en attirant l'attention sur les limites du développement. Il fut rédigé
par une équipe de chercheurs du Massachussetts Institute of Technology
(ou MIT), dirigée par Dennis Meadows et constituée pour l'occasion,
à la demande du Club de Rome. Il serait donc plus juste d'appeller « Rapport
Meadows & al. » ce document, couramment désigné sous
le nom de « Rapport du Club de Rome ». C'est un document
de synthèse, présentant leurs essais de modélisation mathématique
de la croissance démographique et économique de l'humanité,
en fonction des ressources terrestres présumées et des relations
supposées entre toutes ces variables. Ce
rapport démontre que la croissance matérielle
conduit forcément à une diminution
brutale de la population,
accompagnée d'une dégradation significative des conditions de
vie des survivants (baisse importante du produit industriel par tête, du quota
alimentaire par tête, etc), même en étant
très optimiste sur leurs progrès technologiques, leur aptitude à
recycler ou économiser les matières premières, et à contrôler
la pollution. Ces chercheurs ont fondé leurs calculs sur les réserves
connues en 1970, multipliées par 5, ce qui, pour le pétrole, amène
à des réserves en l'an 2000 supérieures à la réalité
constatée à cette date ! L'effondrement démographique
était prédit avant 2100. On pourra lire un certain nombre d'analyses
plus récentes, souvent
critiques. Son
deuxième rapport, « Stratégie pour demain »,
proposait des mesures adaptées à chaque région du monde,
compte tenu des inégalités régionales. Le
troisième rapport, « Nouvel Ordre Économique mondial »,
connu sous le sigle RIO (Reshaping the International Order), traite de
l'élimination des inégalités qui existent dans les relations
entre nations et entre groupes sociaux. Leur
appel à une « croissance zéro » a été
fortement critiqué. Il était (et demeure) en totale contradiction
avec l'idée de progrès défendue par l'ensemble de la classe
politique et avec les principes natalistes de quelques religions. Il faut rappeler,
sur ce point, la vigueur des oppositions à l'encyclique « Humanae
vitae » du pape Paul VI, publiée en juillet 1968, qui refusait
la contraception. Le contrôle des naissances est devenu un objectif essentiel
pour les couples de tous les pays évolués, en accord avec les recommandations
du Club de Rome. Le
Club de Budapest (1993) est une émanation du Club de Rome, animé
par des artistes et des philosophes. Ces
associations d'intellectuels tentent d'influencer les gouvernements dans le sens
d'une meilleure coopération mondiale. On peut douter que cette attitude
idéaliste ait une chance d'aboutir, lorsqu'on observe les tensions internationales
autour de la réduction des émissions de CO2,
la lutte entre Israéliens et Palestiniens pour la maîtrise des ressources
en eau, etc. ! |
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La
tragédie des biens communs (The Tragedy of Commons)
Le démographe William
Foster Loyd avait présenté en 1833, dans un livre intitulé
« Two Lectures on the Checks to Population », l'exemple
suivant, pour illustrer la tendance naturelle de l'homme à consommer entièrement
les ressources communes. Tous
les bergers ont accès à une prairie commune. Vont-ils garder leur troupeau
stationnaire? Vont-ils l'accroître? Une chose est certaine : ils veulent
maximiser leurs gains. Chacun d'entre eux raisonne donc de la manière suivante :
que se passera-t-il si j'ajoute un animal à mon troupeau? Cet accroissement
a deux effets, l'un positif, l'autre négatif. Le résultat positif,
prix de vente de l'animal, me reviendra entièrement, tandis que le résultat
négatif, c'est-à-dire l'exploitation accrue du pâturage, pèsera
sur tous les éleveurs. Chacun
des individus en arrive à la conclusion que l'idéal serait d'ajouter
un animal au troupeau, puis un deuxième, puis un troisième, etc. Cette
vision des choses conduit inévitablement à la ruine collective.
Elle existe depuis toujours, mais la science et la technique l'ont généralisée
à tous les types de consommations. Croissance économique et démographique
sont forcément exponentielles jusqu'à un certain degré d'épuisement
des ressources limitantes. Ensuite, on observe une décélération.
C'est la courbe dite « logistique » (ou en S,
ou de pénétration des marchés, pour les économistes). L'un
des membres du Club de Rome, Maurice Lamontagne (économiste, homme politique
canadien) a déclaré en 1974 :
« Cette constatation devrait préparer l'opinion publique à
recevoir un nouveau message plus positif de la part des gouvernements, mais aussi
de tous ceux qui ont un rôle de direction. Il ne s'agit pas en effet d'apprendre
seulement à freiner l'expansion quantitative et à réaliser
concrètement que l'argent ne fait pas nécessairement le bonheur. Il faut
aussi provoquer un élan de croissance qualitative, ce qui exigera sans
doute un immense sursaut culturel. Tel est le grand défi qui en définitive
se pose à tous les dirigeants de notre société et à
chacun d'entre nous. » « Comment
des hommes sérieux peuvent-ils dire, à la fin d'un exercice financier,
que la croissance du PNB a été de 7%, alors qu'ils n'ont aucune
idée du coût des hypothèques humaines et écologiques de toutes
sortes qui ont rendu ce taux possible ? Un pays comme le Kénya pourrait
avoir le taux de croissance le plus élevé du monde. Il suffirait
qu'il accepte d'envoyer ses buffles chez le boucher et ses girafes chez le tanneur,
quitte à perdre dans l'avenir les revenus considérables qu'il tire
du tourisme. N'est-ce pas là la vérité du PNB et l'histoire
de toutes les croissances sauvages ? » « Borné
dans sa nature, infini dans ses voeux , disait Lamartine en parlant de
l'homme. Les avantages du progrès nous ont fait oublier la première partie de
cet alexandrin. Ses inconvénients nous la font redécouvrir. » | |
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En
guise de conclusion
Si
Malthus ne disposait pas encore des outils nécessaires (informatique, modélisation,
calculs intensifs), et si l'économie reste encore de nos jours une « science »
bien peu exacte, les défenseurs de l'environnement sont informés
des dégâts croissants occasionnés par l'expansion humaine
aux milieux naturels et aux ressources les plus indispensables à l'homme
(les terres arables, en premier lieu). L'hypothèse de l'origine anthropique
du réchauffement climatique observé depuis un siècle
à l'échelle planétaire ne fait plus de doute. Nous devons
prendre sans tarder toutes les mesures nécessaires pour atténuer
cette menace, qui est globale et durable (il faudra des siècles pour revenir
à la normale). Dans ce contexte, l'accès des pays les plus peuplés
(Chine, Inde) à un niveau de consommation supérieur ne peut qu'aggraver
la situation : augmentation des besoins en matières premières
(métaux, hydrocarbures, bois, etc.), en eau potable et en nourriture, avec
des pollutions aggravées. Or, l'agriculture intensive apparaît
déjà comme non soutenable par sa consommation abusive d'énergie
sous forme d'hydrocarbures (mécanisation, fabrication des engrais), de
minéraux peu abondants (phosphates), et par la pollution de l'eau et des
terres qu'elle engendre (métaux lourds, présents dans les engrais
à l'état de traces et accumulés dans les sols pesticides). Qui
prendra les mesures nécessaires ? Ne
nous faisons aucune illusion là-dessus : le renchérissement
des ressources et, éventuellement, la lutte armée ou, du moins,
l'intimidation (dissuasion), joueront un rôle fondamental dans la limitation
de la population humaine fort justement prévue par Malthus, dont on se
moque encore aujourd'hui parmi les « bien-pensants ». Jean
MELLINGER Téléchargements : Le
PIB mesure-t-il notre bonheur ? (fichier PDF,
24 Ko) Le
PIB nous trompe, d'après un économiste ! (fichier
PDF, 80 Ko) |
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