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Nature vivante - Les zones humides

 

Les zones humides sont définies par le Code de l'Environnement, articles L. 214-7-1 et R. 211-108. L'arrêté NOR: DEVO0813942A du 24 juin 2008 (JO du 9 juillet 2008, page 11015, texte n° 7) précise les critères de définition et de délimitation des zones humides.

Cet océan de fleurs se trouve entre le hameau de Steinbach et l'échangeur routier de Schirmeck-Barembach (D 1420, voie express de la vallée de la Bruche). Il fait partie d'un site naturel classé en « zone humide remarquable du Bas-Rhin » par le Conseil général en 1995, statut confirmé en décembre 2002 par le Préfet, en se fondant sur une nouvelle expertise.

Qu'est-ce qu'une zone humide ? Elle n'est pas forcément inondable, mais le sol y demeure suffisamment imprégné d'eau pour que des espèces végétales caractéristiques puissent y croître. Dans nos régions, il s'agit principalement de la reine des prés, dont on voit ici les inflorescences, d'une couleur blanche verdâtre.

Les racines de ces plantes herbacées de haute taille résistent à l'asphyxie induite par la forte humidité du sol. Pour autant, on n'observe pas de roseaux ni d'autres graminées. Les plantes herbacées non graminoïdes ici présentes sont appelées des « phorbes », et la biocénose correspondante est une « mégaphorbiaie » (méga-, en grec, signifie « grand »). Ces plantes sont vivaces.

Cette biomasse végétale remarquable offre gîte et couvert à de nombreux animaux : insectes, arachnides, amphibiens et reptiles (strictement protégés par la loi), mammifères, oiseaux. La fauvette babillarde y niche dans des buissons.

Aux phorbes s'ajoutent en effet des arbres et des arbustes variés. L'arbre le plus courant en milieu humide est l'aulne glutineux, qui vit surtout le long des ruisselets, protégeant leurs berges contre l'érosion. Le talus situé entre la route de Barembach à Steinbach (D204) et la zone humide proprement-dite est colonisé par les prunelliers, rosiers sauvages, saules (près des sources), aubépines, etc. Mais l'ensemble de la zone reste un espace ouvert, propice à des espèces d'oiseaux comme les pies-grièches, le bruant jaune et le tarier pâtre.

La présence de petites mares et de simples flaques d'eau, au printemps, permet aux grenouilles d'y pondre en abondance. Les têtards y sont à l'abri de leurs ennemis les poissons (des truites remontent en effet dans les ruisselets, qui autrefois formaient le « Chemin d'eau » grouillant de vairons, bien connu des anciens qui fanaient dans ces prés fauchés). Après leur métamorphose, les grenouilles trouvent dans la mégaphorbiaie les proies nécessaires à leur croissance et un abri contre les oiseaux prédateurs.

En 2002, la découverte de l'espèce de grenouilles Rana dalmatina, à côté de la grenouille rousse Rana temporaria, plus commune, et du crapaud commun Bufo bufo, a donné une justification supplémentaire au classement de cette zone comme étant remarquable. Rana dalmatina est protégée par la loi.

 

 

La reine des prés (Filipendula ulmaria) est une Rosacée non ligneuse, à petites fleurs hermaphrodites de couleur blache, très répandue dans les prés humides des Vosges, jusqu'à 1300 m d'altitude. L'odeur, l'aspect et l'abondance extraordinaire des fleurs attire une foule d'insectes butineurs, en particulier les abeilles.

Les feuilles sont composées de 5–9 paires de folioles assez larges, doublement dentées. La hauteur de la plante atteint 150 cm.

 

La massette la plus courante (Typha latifolia) est une Monocotylédone de la famille des Typhacées, et non pas une Graminée. Cette phorbe conquiert rapidement, depuis quelques années, les zones humides situées le long de la D1420 et se trouve même près d'un étang au Champ du Feu.

On l'appelle aussi « jonc de la Passion », bien qu'elle diffère profondément des joncs et des luzules, qui sont des Joncacées. Ce nom est dû à la présence d'une inflorescence en forme de lance, terminée par un cylindre étroit de fleurs mâles, au-dessus d'un cylindre plus épais de fleurs femelles.

 

Deux ruisselets passent sous la route surélevée, entre l'échangeur et le rond-point de Barembach : au nord, le ruisseau de la Basse du Boucher (malheureusement privé d'eau par la prise d'eau de l'étang de pêche), et un affluent situé au sud, le long du chemin de Steinbach. Celui-ci, enrichi par plusieurs sources, est encadré d'aulnes, comme on le voit sur cette photo.

Le chemin de Steinbach, dont on voit ici la partie qui permet de se rendre à pied depuis ce charmant hameau jusqu'à la zone commerciale et artisanale de Russ, était autrefois une liaison très directe entre Schirmeck, Barembach, Russ et Muhlbach-sur-Bruche, dans l'axe de la vallée. C'est le seul chemin qui subsiste encore pour les habitants de Steinbach, lorsqu'ils veulent se promener en toute sécurité, éventuellement accompagnés d'enfants, ou simplement pour sortir leurs chiens ! Il convient aussi aux cyclistes. La construction de la route express (D 1420) a privé Steinbach de son accès traditionnel aux prés situés le long de la Bruche. Le doublement de cette route (mise à 2x2 voies) détruirait ce chemin, qu'on a déjà tenté de transformer en route de liaison entre deux zones d'activités, un projet heureusement condamné par l'État en 2002, condamnation que Bruche Environnement espère définitive. Ce projet aurait porté à quatre le nombre de routes goudronnées construites le long de la vallée, au niveau de Steinbach !