Musée de Schirmeck

Visite

Un petit aperçu, et quelques beautés :

 Un peu d'histoire 

 

Le donjon a fait l'objet en 1969 d'une restauration de fantaisie qui permet d'y loger le musée, sur trois étages. On voit ici son entrée, qui donne sur l'esplanade portant une statue de la Vierge. Le reste du château se trouvait autrefois sur cette esplanade. On n'en voit encore quelques murs d'enceinte.

À droite, cachant la poterne, trône l'ancien four à pain, retrouvé lors des fouilles qui ont précédé la restauration de l'ensemble du château, effectuée avec les pierres d'origine, récupérées dans ses ruines.

On pourra observer dans ces murs un échantillon complet des roches volcaniques du massif géologique dévono-dinantien de Schirmeck, formées voici près de 400 millions d'années (MA). Ainsi que d'autres roches de la région, comme le grès rose des Vosges (triasique, 240 MA) employé dans les angles.

 

 

À travers la poterne, orientée vers le haut de la vallée de la Bruche, la vue donne sur La Broque, située de l'autre côté de la Bruche et du ruisseau de Framont. Ces cours d'eau séparaient jusqu'au 2 mars 1793 l'Alsace de la Principauté de Salm. Isolée en plein territoire français après la Révolution de 1789, cette principauté a dû se soumettre à la France. L'origine de ce territoire, autrefois indépendant au sein du Saint Empire Germanique, remonte à la fondation de l'abbaye de Senones, qui ferait partie de la série d'abbayes fondées par les moines irlandais après 590 (la première étant celle de Luxeuil), mais cette filiation n'est pas prouvé par un document d'époque. L'abb? de Senones, Vicpode, vers 800, a fond? au pied de la « C(TM)te de Fr?conrupt » (à droite dans la poterne) le prieur? Saint-Sauveur. Ce fut le noyau de la localité de La Broque, dont le quartier le plus ancien s'appelle Vipucelle ( « le prieur? de Vicpode », en latin « Vicpodicella »). Le château des comtes de Salm avait été construit vers 1200 sur un promontoire gréseux, visible d'ici même au-dessus du village de Fréconrupt, perché sur la montagne d'en face. On comprend que l'évêque de Strasbourg, devenu en 1225 le seigneur des territoires situés sur la rive droite de la Bruche et de la Rothaine jusqu'à Natzwiller (ancien fief des comtes de Dabo-Eguisheim, lignée éteinte à cette date), ait jugé nécessaire de faire construire ici une forteresse à la frontière ouest de son domaine seigneurial et de son diocèse. La date de la construction du château « Schirmeck » (le coin protégé, ou protecteur) n'est pas connue : elle se situe entre 1241et 1290, d'après un document de 1315 rédigé à l'abbaye de Haslach. Le bourg castral qui s'établit au pied de la Côte du Château, dépendance de la paroisse de Barembach (974), aurait été fortifié par l'évêque Jean de Dürbheim (1306–1328), ce qui explique le nom de « la Neufville en Barembac » qui lui est encore attribué en 1328, nom encore utilisé au 18e siècle par les Lorrains.

Mais l'évêque, désargenté, dut vendre son château au comte de Salm en 1366, qui le céda à d'autres féodaux plus ou moins ruinés et obligés de se le partager en copropriété. Jusqu'en 1503, où l'évêché de Strasbourg fit jouer son droit de retour et le restaura. Il racheta un peu plus tard (1539–1542) à l'abbaye d'Andlau le fief qu'elle possédait depuis des siècles sur la rive gauche de la Bruche, jusqu'au ruisseau de Framont (le versant opposé à la Côte du Château), ce qui lui permit de donner à Schirmeck, confirmé dans son rang de ville (remparts) mais jusqu'alors dépourvue de ban, les terres et les forêts qu'elle possède encore, ainsi que les villages de Wackenbach et de Stoerbach (ce dernier disparu). Schirmeck devint à cette époque le principal lieu de passage des convois qui traversaient les Vosges en passant par le col entre les deux Donons, reliant Strasbourg à Metz depuis l'époque romaine.

La ville de Schirmeck prit alors son essor, mais ne disposait encore que d'une chapelle, la chapelle St. Sébastien, qui existait au moins depuis 1570. Elle fut détruite en 1753-54 pour permettre la construction de la première église, qui subsiste encore, bien que sa tour ait été reconstruite en 1778 et que l'édifice ait été remanié en 1846.